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Il reste de la place dans les hôtels du Québec

Gabrielle Morin-Lefebvre | Agence QMI

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COURTOISIE

Les Québécois seront nombreux à prendre leurs vacances ici et il est rendu bien difficile de trouver un chalet disponible pour cet été. Les hôtels, en revanche, ont encore beaucoup de place pour accueillir les vacanciers.

Malgré l’afflux de touristes québécois, les hôtels affichent en moyenne un taux de réservation entre 20 % et 40 % pour les mois de juillet et août, se désole Dany Thibault, président du conseil d’administration de l’Association Hôtellerie Québec.

D’habitude, le taux d’occupation à cette période de l’année se situe plutôt autour de 80 %.

«La durée de séjour moyenne d’un Québécois est de deux jours. Quelqu’un qui vient de l’international ou des États-Unis va rester trois à cinq jours et dépenser trois fois plus en hébergement que le Québécois moyen», explique-t-il.

M. Thibault craint que plusieurs hôtels doivent mettre la clé sous la porte cet automne.

«On est loin du compte et on n’arrive pas à couvrir nos frais fixes. Ça prend du personnel 24 heures sur 24», souligne-t-il.

Chalets 

Le portrait est tout autre dans les chalets, où il est pratiquement impossible de trouver quelque chose à louer pour les vacances de la construction et dans les régions les plus populaires. Le nombre de visites a explosé sur les plateformes de location, et plusieurs vacanciers ont dû revoir leurs plans.

La Magogoise Manon Picard s’est connectée sur les plateformes de locations de chalets à peine 10 minutes après que la Santé publique ait permis les rassemblements de 10 personnes. Il était déjà trop tard pour qu’elle trouve chaussure à son pied.

«Tout était complet. Tout le monde s’est garroché là, on ne peut pas aller nulle part ailleurs à part les hôtels», lance celle qui voulait louer un endroit où elle pourrait être tranquille sur le bord de l’eau et avoir accès à des embarcations.

Mme Picard fera donc des sorties en région, mais reviendra dormir chez elle le soir.

Pas tout rose 

Si les plateformes de location de chalets semblent faire la manne, tout n’est pas rose de leur côté non plus. Certaines redoutent notamment une saison morte à l’automne.

«En septembre et octobre, c’est surtout des Français qui viennent pour voir les baleines et les couleurs d’automne. Cette année, ils ne sont pas au rendez-vous», explique Gaëlle Lévesque Asselin, copropriétaire de TAVATA Chalets, au Saguenay.

Les nouvelles mesures sanitaires demandent aussi une adaptation.

«On va bloquer 24 heures entre chaque séjour. On pourrait perdre du revenu de location avec ces journées-là», explique par exemple Mme Lévesque Asselin

D’après le propriétaire de la plateforme Québec location de chalets.com, beaucoup de communications ont dû être faites avec les propriétaires de chalets au début de la pandémie.

«Pour un gros chalet de 20 personnes, c’est un problème de louer ça à seulement quatre ou cinq personnes. Ce n’est pas rentable», explique Éric Jean.

Beaucoup de réservations de plus de 20 personnes ont également dû être annulées, avance Patricia Gauthier, cofondatrice de la plateforme Maisonsetchaletsalouer.com.

«Les gens n’ont pas compris les directives. On passe nos journées à annuler des séjours de gros groupes. Si on n’arrive pas à les annuler en une journée on a des frais de la banque», ajoute-t-elle.