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La pandémie fait exploser les cas de détresse psychologique

TVA Nouvelles

Le contexte inhabituel, en cette période de pandémie, entraîne une hausse des nouveaux cas de détresse psychologique. Certains services d'aide au Bas-Saint-Laurent observent une augmentation d'environ 25% de leur clientèle.

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«On a vraiment, vraiment un énorme travail, en tant que société, concernant la santé mentale», lance d’emblée l’intervenante Julie Jalbert du Centre de prévention du suicide du KRTB. 

«Ce qu'on observe le plus, c'est tout ce qui est séparation et l'isolement. Oui, on peut reprendre la vie normale, mais elle n'est comme pas normale», ajoute l’intervenante.

Les statistiques démontrent que les gens âgés entre 45 et 65 ans ont davantage recours aux services d'aide dernièrement. Chez les plus jeunes, le taux de suicide est plus marqué depuis les derniers mois.

«On allait voir [les jeunes] tous les jours, on faisait des activités. On a tout mis ça sur la glace, depuis le mois de mars. Alors, ça a été plus difficile pour eux autres, se débrouiller tout seuls», explique Alexandre Duguay, pair aidant à Santé mentale Québec.

Des réunions extérieures, en groupes restreints de huit personnes, sont maintenant possibles. Le déconfinement progressif contribue ainsi à briser l'isolement.

«[L’aide] par téléphone, ça va. Mais le face-à-face est beaucoup mieux parce qu'on voit beaucoup le non-verbal», explique Julie Jalbert à TVA Nouvelles.

Selon l'organisme Santé Mentale Québec Bas-Saint-Laurent, les gens sont plus enclins à demander de l'aide à titre préventif. On note d'ailleurs un fort achalandage sur les réunions interactives en ligne et leurs médias sociaux.

«Là, en une période de trois mois, on a eu 350 nouvelles adhésions. La page Instagram a bondi de 15 abonnés à 100 et quelques abonnés», mentionne Nathalie Dumais, directrice de Santé mentale Québec Bas-Saint-Laurent.

L'organisme admet avoir des retombées positives sur ses démarches de sensibilisation, qui ont contribué à démystifier les tabous sur la santé mentale.

«Quand on disait "santé mentale", les gens entendaient "maladie". Avec toute la pandémie, les gens se sont rendu compte que: "Oh, j'en ai une comme ça, moi!" Et là, il fallait qu'ils apprennent à en prendre soin. Donc, les gens vont devoir apprendre, tranquillement, à travailler leur stress, leurs moyens, à bien ressentir leurs émotions», conclut Mme Dumais.

-Avec les informations de Catherine Boucher