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Les finances du Cirque du Soleil bien pires qu’on pensait

Jean-François Cloutier | Le Journal de Montréal

Des documents rendus publics cette semaine révèlent que le Cirque du Soleil était bien plus endetté qu’on le croyait avec une dette totale de 1,57 milliard $ US (2,134 G$ CA) plutôt qu’un milliard de dollars américains. Ci-haut, des employés du Cirque, à l’œuvre, à Montréal, le 3 mars dernier, à peine quelques jours avant que la pandémie force l’annulation de tous les spectacles.

Photo d’archives, Agence QMI

Des documents rendus publics cette semaine révèlent que le Cirque du Soleil était bien plus endetté qu’on le croyait avec une dette totale de 1,57 milliard $ US (2,134 G$ CA) plutôt qu’un milliard de dollars américains. Ci-haut, des employés du Cirque, à l’œuvre, à Montréal, le 3 mars dernier, à peine quelques jours avant que la pandémie force l’annulation de tous les spectacles.

La situation financière au Cirque du Soleil était encore pire que ce qu’on pensait avant que l’entreprise ne soit forcée d’annuler tous ses spectacles à cause de la pandémie, révèlent des documents déposés en cour cette semaine. 

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Ces informations et bien d’autres ont été dévoilées cette semaine alors que le Cirque s’est placé à l’abri de ses créanciers devant la Cour Supérieure. 

Le juge Louis-Joseph Gouin a accordé mardi une protection de 10 jours au Cirque pour lui permettre de poursuivre ses activités. 

Les documents présentent une situation financière qui était loin d’être reluisante avant même le début de la pandémie qui a forcé l’annulation de tous les spectacles à travers le monde.    

La dette du Cirque totalisait 1,57 milliard $ US (2,134 G$ CA) le 31 mars dernier. C’est bien plus que le milliard $ US de dette qui avait été évoqué jusqu’ici dans plusieurs reportages.     

Le Cirque a perdu en 2018 et 2019 respectivement 71 millions $ US (96,4 millions $) et 80 millions $ US (108,6 millions $).    

La situation était tellement problématique au tout début de la crise que le Cirque du Soleil craignait même que des créanciers mettent la main sur ses comptes de banque. Pour réduire ce risque, un montant de 48,6 millions $ US a été transféré le 24 mars de chez Desjardins vers la Banque HSBC (non liée aux prêteurs).        

Prêts de la Caisse et du Fonds  

Sur le 1,57 milliard $ US de dette, 885 millions $ US sont aujourd’hui dus à des créanciers garantis (noyautés autour du fonds torontois Catalyst Capital). Un montant de 60 millions $ US prêté en 2019, non garanti, est également dû à la Caisse de dépôt et placement du Québec et au Fonds de solidarité FTQ.

Le patron du Fonds, Gaétan Morin, n’a pas caché cette semaine qu’il n’avait aucun espoir de revoir la couleur de cet argent. « Nous avons radié la presque-totalité de ce prêt non garanti », a-t-il confié à La Presse.

Bonis aux dirigeants  

Le Cirque du Soleil admet également dans les documents que des employés non payés du Cirque ont peu de chances d’être un jour remboursés. « Il est difficile de concevoir un scénario selon lequel toutes les sommes dues à ces employés seront remboursées au complet », lit-on.

Le Cirque du Soleil tient à ce que certaines informations restent cachées au grand public dans le processus amorcé, notamment les salaires de ses dirigeants. Ces informations « devraient être gardées strictement confidentielles et sous scellé », indique l’entreprise dans les documents de cour.

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