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L’opposition dénonce une nomination partisane de la CAQ

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

Christian Dubé, le 9 juin, lors de la période de questions à l’Assemblée nationale. À droite, Marie-Ève Bédard, en septembre 2017.

Photos d'archives, Simon Clark et Jean-Francois Desgagnés

Christian Dubé, le 9 juin, lors de la période de questions à l’Assemblée nationale. À droite, Marie-Ève Bédard, en septembre 2017.

L’opposition reproche au gouvernement caquiste de procéder à une autre nomination partisane, alors que François Legault s’était pourtant engagé à mettre fin à cette pratique.

La CAQ a promu une employée politique dans la haute fonction publique. Directrice de cabinet du ministre Christian Dubé jusqu’à tout récemment, Marie-Ève Bédard vient d’être nommée sous-ministre adjointe au ministère de la Santé par le gouvernement Legault.

Un poste éminemment stratégique en pleine pandémie, alors qu’on anticipe une seconde vague de propagation de la COVID-19.

Avant de travailler comme employée politique de la CAQ, Mme Bédard a œuvré dans plusieurs cabinets sous les précédents gouvernements libéraux. Elle a notamment dirigé le cabinet de l’ex-ministre Yves Bolduc.

Ce qui n’empêche pas la chef du Parti libéral de qualifier cette nomination de partisane.

« On nomme quelqu’un qui était chef de cabinet d’un ministre, on nomme cette personne-là comme sous-ministre, si c’est pas partisan, je ne sais pas ce que c’est, c’est la définition même de la partisanerie ! », affirme Dominique Anglade, en entrevue.

Cette dernière dit ne pas être en mesure de dire si Mme Bédard est qualifiée pour occuper ce poste.

Mme Anglade ajoute que la CAQ n’en est pas à sa première nomination politique. Elle signale que l’actuelle déléguée du Québec à New York n’est nulle autre que l’ex-directrice adjointe de cabinet de François Legault.

Promesse de Legault

Le chef intérimaire péquiste déplore lui aussi cette « nomination partisane » dans la haute fonction publique.

Pascal Bérubé se plaît d’ailleurs à rappeler que la CAQ avait promis en début de mandat de mettre un terme à cette pratique.

À son arrivée au pouvoir, le premier ministre était catégorique : « On va mettre fin aux nominations partisanes. Cette pratique, qui a eu cours pendant des décennies, a ébranlé la confiance des Québécois. Les centaines de nominations effectuées sur la seule base de l’appartenance d’un parti politique ont démotivé les fonctionnaires de carrière et ont affaibli l’État québécois », disait-il dans son discours inaugural.

Depuis, une loi a été adoptée pour faire en sorte que les patrons de la Sûreté du Québec, de l’UPAC et du Directeur des poursuites criminelles et pénales soient nommés aux deux tiers de l’Assemblée nationale.

« Compétente »

Au cabinet du nouveau ministre de la Santé, Christian Dubé, on défend la nomination de Marie-Ève Bédard.

« Toutes les nominations du Conseil des ministres sont faites sur la base de la compétence. Mme Bédard est tout à fait qualifiée pour ce poste », a précisé l’attachée de presse Marjaurie Côté-Boileau.