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Un clown en CHSLD se fait voler 15 000$ de matériel

Jonathan Tremblay | Le Journal de Montréal

Un clown qui s’est fait voler son véhicule de tournée avec lequel il amusait les aînés en CHSLD supplie les malfaiteurs de le lui rendre, de même que les 15 000 $ d’accessoires qui s’y trouvaient. 

« Sans matériel, je ne peux plus proposer mes spectacles. J’aimerais que les voleurs réalisent que je crée du bonheur chez les gens. Là, ils m’empêchent de faire ça », souffle Benoist Hippolyte, à l’extérieur de son domicile situé sur l’avenue Morgan, dans l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve.

C’est à cet endroit précis que l’acrobate de cirque de 35 ans s’est fait voler sa Dodge Grand Caravan de tournée blanche, dans la nuit de lundi. « Je suis arrivé vers 22 h, la veille. Quand je suis sorti, le lendemain matin, elle n’était plus là », se désole l’homme qui amuse les aînés depuis le début de la pandémie.

La Dodge Grand Caravan blanche qu’il s’est fait voler lundi, à Montréal.

Photo courtoisie

La Dodge Grand Caravan blanche qu’il s’est fait voler lundi, à Montréal.

« Et je sais très bien que la majorité des choses [à l’intérieur] sont personnalisées, ils ne peuvent pas les utiliser, précise-t-il. J’ai un mât chinois, des échasses de six pieds et des costumes uniques. Si quelqu’un d’autre les utilise, je vais le savoir. »

Des sourires  

M. Hippolyte mentionne avoir participé à des cirques d’envergure depuis le début de sa carrière. Or, durant la pandémie, il offre avec la compagnie Drôldadon des prestations en trio à des résidents de CHSLD, dans le but de leur mettre un sourire aux lèvres.

La troupe Drôldadon, dont fait partie Benoist Hippolyte (avec la marchette) amuse les aînés en confinement durant la pandémie.

Photo courtoisie, Simon Laroche

La troupe Drôldadon, dont fait partie Benoist Hippolyte (avec la marchette) amuse les aînés en confinement durant la pandémie.

« Ça fait partie des spectacles les plus touchants que j’ai faits, de faire rire des gens qui ne peuvent pas se déplacer », raconte le clown, dont le personnage de scène est inspiré d’un aîné à mobilité réduite. Il garde un bon souvenir d’une performance qu’il a livrée à des résidents de Cartierville, la semaine dernière.

« Les personnes âgées se sont levées à la fin et se sont mises à danser », dit-il, ému.

Quoique mardi, M. Hippolyte dit avoir fondu en larmes à la fin de son numéro. Un spectateur qui lui avait prêté sa marchette – car la sienne était dans le véhicule volé – a décidé de lui en faire cadeau.

Le reste de son matériel, l’artiste doit pour l’instant le rebâtir à partir de rien. Il a réalisé que sa caravane n’était pas assurée, pour une raison qui lui échappe encore.

« De réaliser que je devrais payer pendant cinq ans une voiture que je n’ai plus, c’est le coup de poignard final, admet celui qui se décrit normalement comme un optimiste. Je suis vraiment dans la merde. »


♦ Une campagne de sociofinancement a été créée afin de lui venir en aide. Hier, près de 5000 $ avaient été amassés.