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Refus d’accompagner son père de 85 ans

Jonathan Tremblay | Le Journal de Montréal

Carole Cousineau n’a pas pu aider son père de 85 ans dans l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, vendredi.

Photo Jonathan Tremblay

Carole Cousineau n’a pas pu aider son père de 85 ans dans l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, vendredi.

Une sexagénaire déplore de ne pas avoir pu accompagner son père de 85 ans presque sourd et aveugle à l’hôpital pour lui prêter assistance, vendredi, à cause des visites suspendues en raison d’une éclosion de COVID-19.

« J’ai vu une mère entrer avec son adolescent. Pourquoi, moi, je n’aurais pas le droit d’être avec mon père qui est en perte d’autonomie ? » se questionnait vendredi Carole Cousineau, le cœur gros en pointant vers l’édifice de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme.

En matinée, la dame de 62 ans y avait transporté son père de 85 ans au triage, après que celui-ci eut fait une lourde chute, la veille.

Il s’agissait de la deuxième fois que l’homme en perte d’autonomie tombait, en quelques jours.

Il avait dû se faire mettre un plâtre au poignet, qu’il s’est brisé.

« Il a le visage tout bleu, et des égratignures partout, détaille sa fille. En plus, il est un peu plus perdu qu’à l’habitude, car il vient de déménager en résidence pour personnes semi-autonomes. Nous, on voulait qu’il aille en CHSLD. »

Bien qu’elle ait tenté d’expliquer que son père « n’entend et ne voit rien », la résidente de Sainte-Thérèse n’a pas fait broncher les gardiens de sécurité et employés de l’hôpital.

Foyer d’éclosion

« J’aurais voulu être ses yeux et ses oreilles à l’urgence, a-t-elle expliqué. Mais il n’y a rien à faire, on ne me laisse pas entrer. »

Son père est sorti de l’hôpital en soirée, avec plâtre et points de suture. Vendredi, le CISSS des Laurentides a suspendu les visites à cet endroit, par mesure préventive, à cause d’une éclosion de cas de COVID-19. Une directive instaurée pour une période indéterminée.

« L’établissement agit pour la santé et la sécurité des personnes les plus vulnérables », était-il indiqué dans le communiqué.

« C’est cumulatif, depuis le début juin, 68 cas ont été confirmés », a ajouté en après-midi Dominique Gauthier, porte-parole du CISSS.

Tests à venir

Mme Gauthier a précisé que ces cas ont été observés chez des usagers de plusieurs unités. Elle n’était pas en mesure de dire s’il y avait eu des décès ou si des employés avaient été infectés.

Une source syndicale a mentionné que des travailleurs autant que des patients sont touchés par cette éclosion, « particulièrement aux 5e et 6e étages ». L’employeur s’apprêterait aussi à procéder à « un dépistage intensifié » dès la semaine prochaine.

- Avec l’Agence QMI

Des exceptions, qui doivent « faire l’objet d’une autorisation » d’un responsable d’unité, sont possibles pour certains visiteurs, a souligné le CISSS.