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Un meurtrier pourrait finir sa vie en taule

Michael Nguyen et Michael Nguyen | Le Journal de Montréal

Christian Pépin a tué trois personnes.

Photo Courtoisie

Christian Pépin a tué trois personnes.

Un meurtrier qui a récidivé en prison en croyant s’en prendre à un pédophile risque bien finir ses jours en prison, puisque la Couronne réclame qu’il attende maintenant 18 années supplémentaires avant d’espérer être libéré.

« Christian Pépin souhaite juste en finir au plus vite », a expliqué son avocat Kaven Morasse, jeudi au palais de justice de Montréal.

L’homme de 38 ans est un meurtrier qui ne cache pas sa haine envers les agresseurs d’enfants. Et selon ses dires, c’est ce qui l’avait poussé à tuer sa mère et sa grand-mère en 2017. 

« Cette famille-là a des valeurs de pas bons », avait-il dit en accusant sa mère d’abus et de violence dans son enfance, et sa grand-mère d’avoir gardé le silence. 

Ses proches avaient toutefois démenti toutes ces allégations.

Pas un pédophile

Pépin avait écopé de la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant au moins 25 ans. Mais juste avant d’être renvoyé en cellule, il avait prévenu que s’il voyait un pédophile en détention, il allait le tuer.

C’est exactement ce qui est arrivé quand il a assassiné le délinquant dangereux Keven Paillé, au pénitencier de Saint-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides, en avril 2018. 

Pépin était convaincu qu’il s’agissait d’un pédophile, mais ce n’était pas le cas.

Tout comme pour la mort de sa mère et de sa grand-mère, Pépin ne s’est pas défilé. Il a plaidé coupable de meurtre au deuxième degré, ce qui entraîne automatiquement la prison à vie. Il ne reste qu’à déterminer la période minimale à purger avant d’être admissible à une libération conditionnelle.

Or, la Couronne veut que cette période de 18 ans s’additionne à celle que Pépin a écopée pour les meurtres de sa mère et de sa grand-mère. Cela signifierait que Pépin devrait attendre l’âge de 69 ans avant d’espérer être libre.

Son avocat compte plaider que les peines ne devraient pas s’additionner. 

Mourir dans le gymnase

Les parties plaideront à l’automne. Mais quel que soit le résultat, Pépin semble convaincu qu’il mourra en prison, et pas nécessairement de vieillesse.

« Ça va peut-être être dans le gymnase », avait-il dit en riant, lors d’une audience à la cour.