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Un voleur de bikinis condamné à quatre ans et demi de prison

Claudia Berthiaume | Le Journal de Montréal

Bikini hanging on white background

Photo Adobe Stock

Un voleur des Basses-Laurentides, qui dérobait sous-vêtements et bikinis aux résidents de son voisinage pour assouvir sa déviance sexuelle, a été condamné vendredi à quatre ans et demi de détention.

Voyeurisme, action indécente, une douzaine d’introductions par effraction, vols de moins de 5000 $, possession de pornographie juvénile, intrusion de nuit, s’être dénudé dans un endroit public : Yannick Coutu a plaidé coupable à une kyrielle d’accusations vendredi. L’homme de 46 ans a déjà une longue feuille de route criminelle remplie de délits semblables. 

«Dérape» 

À l’été 2018, le résident de Boisbriand a « dérapé », selon ce qui a été raconté au palais de justice de Saint-Jérôme.

Celui qui consommait « énormément de méthamphétamines » passait ses nuits à rôder dans les cours de résidences de son voisinage, dans le sud-ouest de la ville.

Coutu a dérobé de nombreux objets banals, comme un ballon de plage, un livre pour enfants, un fusil à eau, un sac magique et des cartes fidélité de commerces, notamment. Mais ce que le voleur a subtilisé en plus grande quantité, ce sont des maillots de bain et des sous-vêtements pour enfants ainsi que des bikinis pour dames, étendus sur des sèche-linge.

Il utilisait ensuite ces effets intimes pour « habiller » des arbres ou des coussins, sur lesquels il se masturbait pour assouvir ses fantasmes dans des secteurs boisés. 

Coutu s’est fait prendre quand il a été capté sur le fait par une caméra de surveillance. Le criminel a aussi filmé certaines de ses séances dans la forêt avec un cellulaire qui a été trouvé sur lui lors de son arrestation en août 2018.

Thérapie 

Pour la défense, cette série de crimes était en quelque sorte un cri à l’aide de la part de Coutu, qui voulait mettre un terme à cette spirale déviante. 

« Il a travaillé fort en dedans pendant sa détention préventive. Il est mûr pour passer à un autre appel », a souligné Me Louis-Alexandre Martin.

Au premier abord, Me Caroline Buist, de la Couronne, voyait plutôt « un abuseur en puissance, une bombe à retardement ».

« On était à la veille qu’une catastrophe se produise », a-t-elle noté.

Mais puisque Coutu reconnaît maintenant son problème et est ouvert à suivre une thérapie spécialisée offerte à la prison de Percé, les avocats ont suggéré conjointement à la juge Nancy McKenna de lui imposer une peine de 54 mois de détention.

« S’il ne saisit pas sa chance maintenant, on a tous les éléments pour qu’il parte pour la lune s’il y a récidive », a illustré la procureure, faisant allusion à une longue sentence.

Le voleur s’est excusé vendredi, précisant qu’il avait « très honte » et qu’il trouve ses gestes « complètement absurdes ».

La magistrate a entériné la proposition des avocats, en stipulant à Coutu que son plus grand souhait était qu’il puisse fonctionner normalement en société un jour. 

Détenu depuis son arrestation, il ne lui reste que deux ans moins un jour à purger.