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Déjà quatre futurs préposés aux bénéficiaires infectés

Nora T. Lamontagne | Journal de Montréal

Nora T. Lamontagne/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Au moins quatre futurs préposés aux bénéficiaires suivant la nouvelle formation du gouvernement ont attrapé la COVID-19, alors que leur stage en CHSLD approche. 

Des élèves du centre de formation professionnelle Fierbourg de Québec et du CFP Bel-Avenir, à Trois-Rivières, ont obtenu un résultat positif au test de dépistage que tous les étudiants doivent passer avant d’entamer leur formation pratique en centre d’hébergement.

À ceux-ci s’ajoutent deux autres cas à l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal, confirmés au Journal par le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM). La santé publique avait d’abord recommandé que les collègues de classe d’un étudiant s’isolent après ce diagnostic, avant de se raviser.

«Malgré toutes les mesures de prévention mises en place, le risque zéro n’existe pas», a admis la conseillère en communication du CSSDM Julie Charrette dans un courriel.

Les ministères de l’Éducation et de la Santé et des Services sociaux ont affirmé ne pas disposer d’informations sur le nombre d’élèves atteints du coronavirus parmi les 10 000 suivant la formation accélérée pour devenir préposés aux bénéficiaires.

Retour en classe incertain 

Dans les quatre cas, les étudiants qui ont été déclarés positifs au coronavirus ont été retirés de leur groupe et pourront continuer leur formation à distance ou la reprendre plus tard. 

Le versement de leur bourse sera interrompu jusqu’à leur retour en classe, précise le Ministère de la Santé et des Services sociaux.

Les étudiants contaminés ne pourront effectuer de sitôt leur stage en CHSLD, qui devait débuter le 6, le 15 ou le 22 juillet. La santé publique a déterminé qu’ils devront être en quarantaine au moins 14 jours et ne présenter aucun symptôme avant de retourner dans leur milieu de formation.

Le président de l’Association des microbiologistes du Québec, Christian Jacob, est d’avis que les élèves malades de la COVID-19 devraient également obtenir deux résultats négatifs à un test de dépistage avant d’envisager le volet pratique de leur formation en présence d’aînés.

«Le deuxième test permet d’éliminer la possibilité que quelqu’un ait un faux positif. Les répercussions sont tellement importantes quand on fait rentrer un cas positif en CHSLD que je ne vois pas pourquoi on se priverait de tester ces gens-là», soutient-il.

Selon le microbiologiste, les collègues de classe des gens infectés devraient aussi se soumettre à nouveau à un test avant de commencer leur stage.

Transparence variable 

Tamika Anthony et Jean-Sébastien Faust, qui étudient de jour à l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal, n’avaient toujours pas reçu d’information officielle concernant les deux cas déclarés dans leur établissement jeudi midi, alors que les cas ont été déclarés lundi et mardi.

«Il faut aller chercher l’information, parce que sinon, ils ne nous la donnent pas», déplore la future préposée aux bénéficiaires rencontrée jeudi devant l’école. 

Deux enseignantes contactées par le Journal ignoraient aussi l’existence de ces cas en date de mercredi, tandis qu’un étudiant qui a tenu à préserver son anonymat l’avait appris, mercredi soir, par la bouche d’un représentant de l’école pendant son cours de soir.

Aux CFP Fierbourg et Charlotte-Tassé, c’est la santé publique du Québec qui a envoyé une lettre aux élèves en leur recommandant de surveiller l’apparition de symptômes. «Ils ont évalué que le risque [de contamination] était faible», indique la secrétaire générale du Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries, Martine Chouinard.

Plus que moins 

Tous les CFP contactés par le Journal ont assuré respecter à la lettre les mesures sanitaires des directions de la santé publique pour empêcher la propagation du virus entre leurs murs.

Plusieurs étudiants du programme de formation des préposés aux bénéficiaires nous ont dit devoir entre autres porter des masques pendant leurs cours théoriques et revêtir jaquette et visière pendant les exercices en laboratoire, où il est souvent impossible de respecter la distanciation sociale.

«On est très rigoureux dans l’application des règles sanitaires», soutient le directeur du CFP Charlotte-Tassé, Serge Caron, qui a doublé l’effectif de conciergerie depuis la réouverture du centre.

Le microbiologiste Christian Jacob fait le parallèle entre les CFP et les milieux de travail où il a étudié des éclosions dans les derniers mois. «Avec les mesures en place, on pense que la plupart des cas viennent de l’extérieur des milieux de travail.»