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Des itinérants de Joliette veulent que leur refuge demeure ouvert

Geneviève Quessy | Le Journal de Montréal

Le refuge de l’église Christ-Roi de Joliette. En mortaise, des usagers ont conçu cette affiche pour remercier la communauté qui a mis en place le refuge.

Photo collaboration spéciale, Geneviève Quessy et courtoisie

Le refuge de l’église Christ-Roi de Joliette. En mortaise, des usagers ont conçu cette affiche pour remercier la communauté qui a mis en place le refuge.

Un refuge pour sans-abri créé temporairement pendant la crise sanitaire est tellement apprécié par ses usagers que ceux-ci demandent que le service demeure en place de façon permanente.

« Pour une fois, une ressource est ouverte à tout le monde. Dans les autres services d'hébergement, c'est tolérance zéro pour la toxicomanie, on se fait mettre dehors tout de suite », confie Karl.

L’homme de 31 ans sans domicile fixe préfère ne pas donner son nom de famille et dit s'exprimer au nom de la vingtaine d'usagers du refuge temporaire de Joliette.

« Ici, tous sont accueillis et on reçoit un service personnalisé. On se sent en sécurité et plusieurs d'entre nous commencent à se prendre en mains. Il n'y avait pas de service comme ça avant, ça nous aide vraiment », poursuit-il.

Le refuge a été mis en place le 20 mars dernier, dans le sous-sol de l'église Christ-Roi, avec la collaboration de plusieurs organismes communautaires du milieu qui s'occupent de fournir la literie et la nourriture.

Le projet est chapeauté par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière qui a débloqué un budget d'urgence.

Local prêté par l’église

Or, avec le déconfinement, les locataires habituels du lieu souhaitent reprendre leurs activités et les sans-abri craignent que le refuge ne soit fermé.

Chez Hébergement d'urgence Lanaudière, à Joliette, les personnes doivent être en démarche de réinsertion pour être admises, et y entrer en état d'ébriété ou de toxicomanie n'est pas toléré.

Même chose à l'Auberge du Cœur de Joliette. Et des gens sont également refusés à cause du manque de places disponibles.

La vingtaine de lits du refuge Christ-Roi vient combler les places manquantes, et les intervenants du milieu souhaitent qu'il continue à exister.

Solutions recherchées

Sébastien Trudel, directeur de la Maison Oxygène Joliette-Lanaudière, qui accueille des pères et leurs enfants, confirme que les acteurs impliqués sont à la recherche de solutions.

« C'est vrai qu'il n'y avait pas de ressource de type refuge avec aussi peu de critères d'admission. Ça répond aussi à une problématique de nombre de places. On manque de budget dans Lanaudière, avec pourtant une problématique d'itinérance bien présente », décrit-il.

« Le milieu a constaté le succès de ce refuge, pourtant mis en place rapidement et on aimerait tous que cela continue. Il faut maintenant trouver une solution pour le relocaliser et trouver du budget pour le faire fonctionner », continue M. Trudel.

Le CISSS Lanaudière n'a pas répondu à nos demandes d'entrevue.