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Mission accomplie pour les Augustines

TVA Nouvelles

Pendant 20 jours de suite, à raison d’une heure à la fois, les Augustines ont marché, peu importe les conditions météorologiques, afin de mettre de l’avant leur souhait de mieux financer et valoriser le personnel soignant.

«Elles n'ont pas lâché une minute. Elles étaient là tous les jours. Même la journée de pluie, ils avaient leur imper, ils avaient protégé leur marchette et ils y allaient», témoigne Sœur Lise, la Supérieur Générale de la Fédération des Monastères des Augustines.

Ainsi, les Augustines peuvent dire mission accomplie.

«Elles ont développé le système de santé. Puis, aujourd'hui, elles sont à un âge où elles pourraient se reposer et juste regarder ce qu'il se passe. Et non, elles sont encore dans l'action aujourd'hui», lance Nathalie Roy, directrice générale de la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines. 

«On espère qu'ils vont avoir des conditions de travail améliorées, et que cette tragédie qui s'est passée au Québec, que ça ne se reproduise plus jamais, jamais, jamais. Nos aînés ont droit à beaucoup plus de respect que ça», ajoute Sœur Lise.

Une réalité que connaît bien le maire de Québec Régis Labeaume, qui a assumé le rôle de proche aidant auprès de son père, décédé il y a quelques jours. 

«Comment dire, c'est difficile psychologiquement, évidemment émotivement. Même physiquement, ça te rattrape un moment donné», dit-il.

Une situation qui vient souvent avec le sentiment de culpabilité. 

«Cette espèce de manège de sentiments parce qu'une journée, il agonise, et le lendemain, il ressuscite. Et les alertes sont... ça arrive plusieurs fois pendant neuf mois, surtout vers la fin», poursuit M. Labeaume

Le maire n’a pu s’empêcher d’avoir une pensée pour «ceux et celles qui habitaient en Gaspésie, sur la Côte-Nord, en Abitibi-Témiscamingue, et qui ne veulent pas laisser leur conjoint mourir seul, leur conjointe, ou qui ne veulent pas laisser leur père mourir seul parce que c'est ingrat».

L'objectif de 100 000 dollars a été largement dépassé. Pas moins de 135 000 dollars qui ont été amassés. L'argent sera versé dans le programme de répit et de ressourcement pour les soignants de l’organisation.

«C'est majeur, l'idée que tu peux être logé et nourri quand tu vis ça. Ça apaise un peu parce que c'est très lourd. La charge mentale est très lourde», raconte Régis Labeaume.

Si la journée de samedi marquait la fin de la marche, ce n'est pas la fin du mouvement de compassion. Plusieurs initiatives seront annoncées au cours des prochaines semaines.