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Piétonnisation de la rue de la Commune : loin d’un commun accord

Camille Lalancette | Agence QMI

Des restaurateurs du Vieux-Montréal, dont Bruno Zarka du restaurant Deli du Vieux-Port, sont mécontents de la fermeture de la rue de la Commune.

Camille Lalancette/Agence QMI

Des restaurateurs du Vieux-Montréal, dont Bruno Zarka du restaurant Deli du Vieux-Port, sont mécontents de la fermeture de la rue de la Commune.

Les restaurateurs et commerçants déplorent la piètre accessibilité au Vieux-Port. Ces derniers voient une baisse d’achalandage inquiétante qui ne semble pas faire sourciller la Ville de Montréal.

«[La piétonnisation de la rue de la Commune] a été faite d’une façon outrageuse, sept jours par semaine, sans consultation», s’indigne le directeur général du restaurant Jardin Nelson, Jean-Marc Lavoie.

Il y a trois semaines, M. Lavoie aurait envoyé une lettre expliquant la situation à la Ville sans avoir reçu une réponse qui lui assurait du changement.

Son collègue du Comptoir 400, Sacha Brand, renchérit à ce propos : «[Les décideurs de la Ville], vous allez nous tuer. Il n’y a plus rien, plus de fréquentation», constate-t-il depuis la piétonnisation de la rue de la Commune le 11 juin dernier.

Les restaurants et commerces du Vieux-Port peinent à atteindre un taux d’achalandage satisfaisant. «On est à 20-25%. On devrait tourner à 150% parce qu’on est en pleine saison. Tout est fait en dépit du bon sens pour ne pas nous permettre de nous en sortir. En septembre on sera à 10%, alors en octobre on sera fermés», craint Bruno Zarka du restaurant Deli du Vieux-Port.

CAMILLE LALANCETTE/24 HEURES/AGENCE QMI

Rues barrées, rues piétonnes

Une courte promenade en compagnie de Sacha Brand permet de voir que les piétons et cyclistes ont beaucoup d’espace pour circuler. «La rue de la Commune est suffisamment large pour permettre une voie pour les voitures, une voie piétonne et une pour les vélos, mais sans que les gens se stationnent», soutient-il.

M. Brand propose qu’un débarcadère soit instauré pour faciliter l’accès à la clientèle régulière et aux personnes à mobilité réduite. «Quand on fait trois quarts d’heure de route, on n’a pas envie de se stationner à l’écart. Quand on est avec de jeunes enfants ou des parents âgés, c’est simple de déposer ses passagers et d’aller se stationner plus loin», explique Sacha Brand.

UberEats et Cie

Les services de livraison tels que UberEats, Skip et Doordash doivent calculer 20 minutes supplémentaires à la livraison habituelle. Ce laps de temps comptabilise la distance à pied que doit parcourir le livreur du stationnement pour aller chercher les repas jusqu’aux restaurants.

CAMILLE LALANCETTE/24 HEURES/AGENCE QMI

«On se retrouve dans une situation qui réduit notre capacité, qui réduit l’affluence parce qu’on n’a pas de touristes et on empêche les gens de Montréal de venir en voiture», explique Bruno Zarka.

Appel à la discussion

M. Brand souhaite que la rue de la Commune ait une modification à son plan d’aménagement et de piétonnisation. «Consultez-nous avant, pas quand le mal est fait. On est déjà en baisse de vente, ne venez pas nous ajouter des barrières supplémentaires.»