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Selon les inspecteurs de la STM: le port obligatoire du masque sera difficile à appliquer

Guillaume Pelletier | Agence QMI

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Le port obligatoire du masque sera très difficile à faire respecter dans les transports en commun de la métropole, croit le syndicat des inspecteurs de la Société de transport de Montréal (STM).

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«On n'a aucune information. On ne sait pas qui va l'appliquer et comment ça va se faire. Les jours avancent, c'est l'été et des employés sont en vacances», s’inquiète le président de la Fraternité des constables et agents de la paix de la STM, Kevin Grenier.

Le gouvernement Legault a annoncé mardi que le port du couvre-visage sera obligatoire dans le transport en commun dès le 13 juillet pour tous les passagers de 12 ans et plus, sans préciser comment sera appliqué le règlement.

Une période de grâce sera en vigueur jusqu’au 27 juillet, date à partir de laquelle l’accès aux autobus, au métro et aux trains sera bloqué aux gens qui ont le visage découvert.

Plusieurs questions demeurent sans réponse en ce qui a trait aux procédures d’application du règlement.

«Est-ce que ma main qui couvre mon nez et ma bouche est considérée comme un couvre-visage? Est-ce qu'une cagoule fait la job?» a lancé vendredi M. Grenier, qui espère que Québec dévoilera d'ici lundi les détails entourant le port obligatoire du masque dans les transports publics.

Pas assez d'inspecteurs

L'obligation du port du couvre-visage dans le transport en commun risque d'être impossible à appliquer dans les 68 stations de métro et les 225 lignes d'autobus du transporteur montréalais, craint M. Grenier.

«À 90 inspecteurs qui se promènent en duo, ça va amener une charge de travail énorme», estime-t-il.

Même s'il salue la décision du gouvernement, le syndicat croit que si un usager refuse de sortir d'un autobus ou d'une station de métro parce qu'il n’a pas de couvre-visage, les inspecteurs n'auront d'autre choix que d'employer la force.

Kevin Grenier ne comprend pas pourquoi des gens qui ont commis des actes criminels dans le réseau de métro peuvent continuer à le fréquenter puisque c’est considéré comme un service essentiel, mais pas un usager sans couvre-visage.

«La seule solution que je vois rapidement, c'est de mettre deux employés à chaque entrée de stations [de métro] qui donnent des masques à ceux qui n'en ont pas. Devra-t-on faire ça pendant un ou deux ans?» soupire-t-il.

Plusieurs sociétés de transport attendent les détails de l'arrêté ministériel du gouvernement sur le port obligatoire du masque avant de mettre en place les mesures afin de veiller au respect de cette règle.