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Il a rouvert son bar à condition qu’on y porte le masque

Élise Jetté | Agence QMI

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Le bar La Voûte, situé sur la rue Saint-Jacques dans le Vieux-Montréal, a rouvert ses portes vendredi soir en obligeant le port du masque à ses clients.

«Si jamais on doit fermer à nouveau, je refuse de faire partie du problème», a lancé le copropriétaire de l’établissement Nazim Tedjini.

La température des clients est prise à l’entrée et des masques sont distribués gratuitement. Les clients peuvent uniquement les retirer lorsqu’ils sont assis à une table. 

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Le bar, qui est normalement un endroit dansant, a été complètement réaménagé et propose désormais des espaces banquettes séparés par des plexiglas.

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La fermeture des bars demandée par Québec à la mi-mars n’était pas une surprise pour le propriétaire qui suivait de près la situation en Europe. 

«On offrait déjà du liquide désinfectant pour les mains avant la fermeture, a-t-il précisé. Ma femme a le cancer. Comme elle est immunosupprimée, je suis sensible à ça depuis le départ.»

La chose à faire 

Cette mesure s’ajoute à celles prévues dans le plan de réouverture des bars du gouvernement du Québec, qui inclut entre autres la distanciation de deux mètres. 

«On a ajouté le masque obligatoire pour plusieurs raisons, mais d’abord parce que moralement, c’est la bonne chose à faire, croit Nazim Tedjini. Un bar, c’est un endroit de promiscuité. Plus la soirée avance, plus les gens sont difficiles à gérer. Le masque est un rappel visuel que, la COVID, c’est pas fini.»

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M. Tedjini craint que le Québec vive des épisodes de contagion semblables à ceux déclenchés dans plusieurs bars aux États-Unis. La deuxième vague pourrait faire «encore plus mal», selon lui. 

«Si on doit refermer, ce sera pour beaucoup plus que trois mois et l’industrie des bars est très fragile. J’ai une centaine d’employés et de fournisseurs qui comptent sur moi.»

Il s’inquiète de la proximité entre la date d’ouverture des restaurants et celle de l’ouverture des bars.

«Si la crise reprend, on ne saura pas d’où ça vient exactement et ce qu’il faut refermer pour passer au travers, a-t-il dit. Ça nous a surpris qu’on nous annonce du jour au lendemain qu’on pouvait rouvrir.»

Avec le port du masque, Nazim Tedjini espère montrer l’exemple au reste de l’industrie.

«Je ne veux pas que les plus petits bars payent pour nos erreurs. D’autres bars comme Joverse, Flyjin, Rouge, Miss Wong, Gumbley et Blvd44 ont déjà décidé de faire comme nous.»