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La République dominicaine durement frappée par la pandémie

Par Suhelis Tejero | AFP

La République dominicaine votait dimanche pour élire son président et son Parlement, au cours d'un scrutin défiant la pandémie de Covid-19, dans ce pays des Caraïbes très dépendant du tourisme où le nombre de cas explose.

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  «En respectant la distance sociale, exercez aujourd'hui votre droit à voter», a déclaré le président de la Commission électorale centrale, Julio Cesar Castaños, en donnant le coup d'envoi du scrutin.

Les deux favoris à la présidentielle sont issus du centre gauche: Luis Abinader du Parti révolutionnaire moderne (opposition) et Gonzalo Castillo du Parti de la libération dominicaine (PLD), la formation du président sortant Danilo Medina, qui ne peut pas se représenter après deux mandats de quatre ans.

Les derniers sondages donnent vainqueur Luis Abinader, 52 ans, qui a annoncé le 11 juin avoir contracté le nouveau coronavirus, devant Gonzalo Castillo, 59 ans. Un succès d'Abinader mettrait fin à 16 années de règne sans partage du PLD.

Si aucun candidat n'obtient 51% des voix, un second tour aura lieu le 26 juillet.

Les 7,5 millions de Dominicains en âge de voter sont appelés à élire leur président, leur vice-président, ainsi que les deux Chambres du Parlement. Les bureaux de vote fermeront à 17H00 (21H00 GMT).

Durement touché par la pandémie

Malgré le confinement mis en place dès le mois de mars, le coronavirus ne cesse de progresser dans ce pays de près de 11 millions d'habitants et a contraint les autorités à reporter les élections initialement prévues le 17 mai.

Samedi, les autorités ont comptabilisé 1.036 nouveaux cas, soit la plus forte hausse quotidienne depuis le début de la pandémie dans le pays début mars.

Pour l'heure, les autorités ont recensé 36.184 cas et 786 décès liés au virus.

Les conséquences économiques de l'épidémie rendent encore plus vulnérable une partie de la population susceptible de rebasculer dans la pauvreté en cas de choc, souligne la Banque mondiale. Mercredi, les vols ont repris vers et depuis la République dominicaine, première destination touristique des Caraïbes, qui a rouvert ses frontières par la même occasion. La reprise du tourisme doit se faire progressivement.

Les autorités électorales ont fortement encouragé les Dominicains à se rendre aux urnes à grand renfort de spots publicitaires qui les incitent à «mettre un masque et à aller à voter».

Mais en pleine épidémie, la ferveur électorale n'est pas au rendez-vous. Les candidats s'affichent certes sur d'énormes posters dans les rues, mais les meetings ont été bannis en raison du confinement qui se double d'un couvre-feu nocturne.

Ces dernières années, les manifestations se sont multipliées dans le pays contre la corruption dans le sillage du scandale Odebrecht, du nom d'un géant brésilien du bâtiment qui a reconnu avoir versé des pots-de-vin à de nombreux dirigeants politiques en Amérique latine.

Dans le dernier classement en date sur la perception de la corruption de l'ONG Transparency internationale, le pays caribéen occupe la 137e place sur 180 pays.

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