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Une augmentation des cas de COVID-19 serait à prévoir

Clara Loiseau | Le Journal de Montréal

Avec le relâchement dans le respect des consignes sanitaires, et la réouverture de lieux de rassemblements, le nombre de cas de coronavirus va connaître une hausse dans les prochaines semaines, avertissent des experts.

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Le nombre de nouveaux cas est redescendu en dessous de la barre des 100, mais les autorités ont tout de même recensé 79 nouveaux cas au Québec dimanche. On en comptait 109, samedi. Mais ces chiffres pourraient connaître une croissance dans les prochains jours.

Selon Amir Khadir, microbiologiste et infectiologue, « il n’y a aucune raison que [le nombre de cas] baisse. Les bars ont rouvert le 25 juin, soit il y a dix jours, et c’est le temps que ça prend pour avoir de nouveaux cas. Il faut que ça serve d’avertissement aux autorités d’agir plus vite et de ne pas rester passives ».

Comme lui, Robert Platt, professeur titulaire au Département d’épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail, et au Département de pédiatrie de l’Université McGill rappelle que le virus n’a pas disparu.

« Il faut rester prudent, comme nous l’avons vu ailleurs, il est possible d’avoir de nouvelles éclosions lorsque nous ne maintenons pas la distanciation physique », soutient-il.

Dimanche, la direction de la santé publique (DRSP) de la Montérégie a lancé un appel aux clients qui ont fréquenté le Mile Public House du Quartier DIX30, à Brossard, le 30 juin dernier, en raison de cas de COVID-19 confirmés. Plusieurs clients ont été déclarés positifs à la COVID-19, notait la DRSP sur sa publication.

Même chose du côté des Laurentides, où une nouvelle éclosion de cas a commencé à l’hôpital de Saint-Jérôme. Au total, 68 patients de différentes unités et une trentaine d’employés ont été infectés depuis le début de juin.

Absence de distance    

Avec l’été et les épisodes caniculaires de la fin de semaine, il y avait foule au lac Maskinongé à Saint-Gabriel-de-Brandon dans Lanaudière, ou encore sur la plage municipale à Grenville-sur-la-Rouge dans les Laurentides. 

Dans ces deux exemples, le masque était absent, et la distanciation sociale, complètement évacuée.

Port du masque    

Pour le Dr Khadir, cette situation est notamment attribuable aux messages flous qu’envoie le gouvernement Legault. 

« Si aujourd’hui on porte moins le masque, si les gens ne prennent pas leurs distances, c’est à cause du message confus du gouvernement sur l’importance de ces choses-là. Les autorités restent passives alors que c’est un moment crucial », martèle celui qui fait partie de la trentaine de médecins québécois ayant demandé au premier ministre Legault de rendre le port du couvre-visage obligatoire.

Selon lui, Québec devrait regarder le « laboratoire vivant » que sont les États-Unis. Car dans les États qui n’ont pas rendu le masque obligatoire, souligne-t-il, les cas ont augmenté de 84 %.

Toutefois, « il faut suivre les nombres pour quelques jours pour voir s’il y a une tendance à la hausse inquiétante », note Robert Platt.