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COVID : le propriétaire d’un gîte mise sur son concept de casquette à visière

Kate Tremblay |TVA Nouvelles

Longtemps oubliés par la santé publique, les gîtes ont enfin obtenu l'autorisation de rouvrir leurs portes à la fin juin, mais les annulations se comptent par centaine dans certains établissements. Plutôt que de s'apitoyer sur son sort, le propriétaire d’un gîte de Saguenay a trouvé consolation dans un projet prometteur.

«On avait 300 réservations d'avance qui ont toutes été cancellées», indique le propriétaire du gîte Au P'tit Manoir, situé sur la rue Saint-Dominique dans l'arrondissement de Jonquière à Saguenay, qui précise que ces réservations représentent environ 30 000 $ en revenus.

«Quatre-dix pour cent de ma clientèle, ce sont des Européens. S'ils ne viennent plus, il me reste seulement 10 pour cent. Et est-ce qu'ils vont venir ceux-là? C'est là que je me suis dit qu'il fallait que je fasse autre chose.»

Le plombier de profession a choisi de se lancer dans la fabrication d'équipements de protection, en développant un concept de casquettes à visière.

«Je trouvais qu'il manquait une protection pour la distanciation, explique-t-il. Je voyais qu'il y avait des visières un peu partout, mais c'était des masques d'homme-grenouille, c'était pas beau, ça manquait de couleurs, ça avait l'air lourd et surtout très chaud. J'ai pensé faire une petite casquette avec une visière fixe.»

Il a travaillé son concept pendant quatre mois avant de le mettre officiellement sur le marché la semaine dernière.

«Y'a des trous d'aération sur les côtés pour que la chaleur se trouve à sortir. C'est léger et ça ne pèse rien, soutient-il. Tu vois la personne et tu l'entends très bien. Le son sort très bien. Tu peux prendre le téléphone, parler au téléphone, même chose.

M. Otis a priorisé l'esthétique et le confort.

«Moi, le masque en partant je n'étais pas capable porter ça. Je manque d'air. J'étouffais, donc j'ai d'abord fait la casquette pour moi», souligne-t-il.

Il l'a fait aussi en pensant à toutes les femmes qui, depuis le début de la pandémie, sont forcées de cacher leur sourire derrière un masque.

«Les madames masquées, c'est pas très beau, affirme M. Otis. On ne voit plus leur visage derrière le masque et elles ne peuvent plus se maquiller.»

L'homme de 68 ans a investi une partie de ses économies dans ce projet.

«Je suis optimiste, lance-t-il en riant. Si les petites casquettes vont bien, on va peut-être travailler plus pour les casquettes que pour le gîte cet été. Je veux m'éloignez un peu du virus parce qu'à l'âge que je suis rendu, ça me tente pas de pogner la bibite, ni d'avoir à décontaminer cette grosse maison-là.»

Les casquettes sont actuellement disponibles en 20 couleurs via la page Facebook de l'entreprise.

Pour répondre à la demande de clients potentiels, Normand Otis travaille aussi à développer un modèle pour enfants.