/regional/saguenay

Les opioïdes gagnent du terrain au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Les opioïdes feraient davantage de victimes au Saguenay-Lac-Saint-Jean, selon des données de la Santé publique.

Depuis le début de l'année, huit enquêtes ont été ouvertes pour des décès possiblement causés par des opioïdes, soit deux de plus que les six instaurées pour la même période l'an dernier et deux fois plus que les quatre de 2018.

Par ailleurs, 283 personnes ont aussi visité l'urgence après avoir été possiblement intoxiquées aux opioïdes lors des premiers mois de 2020. Ce nombre est comparable aux 301 consultations recensées à la même date l'année passée, révèlent aussi les chiffres de la Santé publique.

Plusieurs intervenants font d’ailleurs un appel à la prudence. C’est le cas du Service de travail de rue de Chicoutimi dont les intervenants sur le terrain ont noté une présence accrue du fentanyl dans la composition des comprimés de métamphétamine (du speed) vendus partout au Saguenay.

«L'an passé, c’était un comprimé sur deux. Cette année, il y a du fentanyl dans la majorité des comprimés», a observé la directrice-générale du Service, Janick Meunier.

Le risque devient alors la surdose, particulièrement pour les jeunes qui en sont à leur première consommation. Janick Meunier affirme qu’ils prennent un deuxième comprimé pour augmenter l’effet d’excitation du «speed», mais le danger de la surdose de fentanyl est alors bien réel.

«Le problème, c’est la pensée magique. Ils se disent, ça ne peut pas arriver à moi.»

La police de Saguenay aussi a vu ce problème de surdose. Bientôt, à bord des autopatrouilles, il y aura des doses de l'antidote au fentanyl, la naloxone. Un protocole à cet effet sera signé entre la Ville de Saguenay et le CIUSSS du Saguenay-Lac-St-Jean.

«Les policiers sont les premiers intervenants dans une situation de surdose, a expliqué la mairesse de Saguenay, Josée Néron. Il faut administrer rapidement la naloxone pour éviter les séquelles.»

Avec la naloxone, les agents pourraient sauver des vies, ce qui leur donnera aussi le temps de conduire aux urgences un consommateur en surdose.

«Malheureusement, le phénomène rejoint Saguenay, admet Mme Néron. Les opioïdes, ça peut être fatal. Ne rien faire serait pire.»

Les policiers de Saguenay devront suivre une formation sur la naloxone, afin d’apprendre, notamment, la procédure à suivre avant de pouvoir l'administrer.