/news/coronavirus

L’ultimatum compris par les tenanciers de bars

Alex Proteau | Agence QMI

ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

La possibilité de sanctionner les utilisateurs et les tenanciers de bar ne respectant pas les mesures de la Santé publique est vue d’un bon œil par plusieurs propriétaires.

• À lire aussi: Le masque sera obligatoire dans les lieux publics fermés à Montréal

• À lire aussi: Amendes et fermetures pour les récalcitrants, menace le ministre Dubé

«Je suis très content parce que ce n’est pas normal qu’on se casse la tête à changer nos formats, à placer notre clientèle, pendant que d’autres laissent ça grand ouvert pour faire rentrer le cash au maximum», a indiqué Damien Berger, copropriétaire du bar Le Saint-Édouard dans le quartier Rosemont, à Montréal.

«Je travaille avec la police. La moralité nous guide dans notre travail. Leur travail, c’est de nous donner un cadre et de nous aider à le faire respecter», a-t-il ajouté peu après l'annonce du nouveau ministre de la Santé publique Christian Dubé.

Celui-ci a dit que son gouvernement évaluait les diverses méthodes qui pourraient être utilisées pour s'assurer que les règles de distanciation sociale soient respectées dans les bars, par exemple en réduisant les heures d'ouverture ou encore en distribuant des amendes aux établissements délinquants ou même aux clients.

M. Berger trouve l'idée intéressante, puisqu'elle responsabiliserait la clientèle. «Ça fait en sorte que nous, on n'est pas seul là-dedans», a-t-il dit.

La situation vécue à la fin du mois dernier au Mile Public House de Brossard, où se sont rendus des clients atteints de la COVID-19, marque les esprits et encourage certains tenanciers de bar à faire preuve d'encore plus de prudence. Au Saint-Édouard, on demande à tous les visiteurs de texter leur nom complet à un numéro lors de leur arrivée, ce qui permet de tenir un registre. «On a décidé de le faire, car si un problème arrive, la santé publique nous appelle et, en 5 minutes, c’est réglé», a résumé M. Berger.

Éduquer la clientèle

Le propriétaire du bar du Vieux-Montréal Joverse, Matt Guerguerian, appuie les propos de son confrère. Avec cette annonce, de petits ajustements seront apportés à l’organisation de son établissement. «On va limiter un peu plus la capacité. On va enlever les places assises au bar. Ça reste à voir. Toutes les restrictions que [la Santé publique] vont mettre, on va les suivre», a-t-il dit.

M. Guerguerrian a aussi souligné que les clients devront coopérer. «Au Joverse, lorsque les clients entrent, ils pensent que la COVID-19 est finie, a-t-il révélé. Il y a beaucoup d’éducation à faire pour notre clientèle.»

«Ça fait deux semaines qu’on est ouverts. C’est possible que vous rentriez dans la place, mais aussi votre responsabilité de nous aider pour qu’on reste ouverts. Il faut que les clients comprennent [les règles] et les acceptent», a-t-il ajouté.

Relâchement interdit

Le président de la Nouvelle association des bars du Québec (NABQ), Pierre Thibault, ne cache pas son état d’anxiété vécue avant d’entendre les propos du ministre de la Santé. «On se demandait ce qu’il [Christian Dubé] allait dire. On allait même jusqu’à penser qu’il allait fermer les bars», a-t-il confié.

M. Thibault a interprété les propos de M. Dubé comme une «aide aux entrepreneurs qui sont engagés dans cette lutte contre la pandémie» et voit cela comme une bonne nouvelle.

«En même temps, ça devient comme un avertissement final pour les bars qui ne veulent pas rentrer dans les rangs», a analysé le président.

Vendredi dernier, la NABQ avait d’ailleurs demandé une campagne de sensibilisation et une intervention rapide et efficace des corps policiers pour que cessent les comportements inadmissibles. Malgré quelques écarts dans certains établissements, M. Thibault a affirmé lundi s’être «senti entendu».