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Un stade sans estrades à Montréal : l’idée est lancée

Benoît Rioux | Journal de Montréal

Photo d'archives

La possibilité d’une garde partagée avec Tampa Bay pour un club de baseball professionnel a déjà fait beaucoup jaser à Montréal. Si le concept est audacieux, il n’en est rien comparativement à une nouvelle proposition envoyée dans l’univers par un petit groupe de Québécois: bâtir un stade sans estrades. 

Sylvain Raymond, âgé de 40 ans, est consultant dans le monde des communications et du marketing. Il y a deux ans, durant la Coupe du monde de soccer, il avait notamment fait jaser en travaillant sur le slogan «Tout le monde sauf la Suède» qui était affiché en plein coeur de la Petite-Italie. L’idée était d’y créer un rassemblement malgré l’absence du club italien, précédemment éliminé par les Suédois lors des qualifications.

Cette fois, celui qui se décrit comme un grand partisan de baseball espère, sans attente véritable, faire réfléchir en co-signant une longue lettre publiée sur le web. Son titre: «pour un stade de baseball des ligues majeures à Montréal, couvert et sans estrades».

«Sans grande prétention, nous souhaitons simplement susciter un débat autour de cette idée-là, mentionne Raymond, lors d’un entretien au téléphone. Le contexte pandémique porte à la réflexion. L’idée peut sembler farfelue au départ pour bon nombre d’analystes et de fans de baseball, mais elle ne l’est pas.»

Mise en marché innovatrice

Et pourquoi bâtirait-on un stade ne pouvant accueillir de spectateurs? Les arguments méritent d’être lus et entendus: on parle évidemment d’une économie de coûts de construction substantielle, mais plus encore, le concept se traduit par une mise en marché innovatrice.

«Il n’est pas ici question d’oblitérer l’expérience des supporteurs d’une équipe de baseball, mais plutôt de les concentrer devant les multiples écrans plutôt que dans les estrades d’un stade», mentionne-t-on dans la lettre ouverte disponible depuis dimanche soir.

Raymond fait remarquer que, de toute façon, de nombreux partisans n’assistent que très rarement ou même jamais à un événement sportif en personne.

«Notre concept propose de mettre le focus sur les éléments visibles lors des télédiffusions afin de maximiser la valeur des marques commanditaires visibles par les téléspectateurs, qui n’auraient dorénavant d’autres choix que de consommer le produit baseball devant leurs écrans», poursuit-on.

Une meilleure équipe?

Forcément, la pandémie de COVID-19 n’est pas étrangère au concept imaginé. C’est d’ailleurs en visionnant des matchs de la ligue coréenne de baseball, disputés devant des gradins vides, que l’illumination, bonne ou mauvaise, est survenue.

Raymond et ses co-signataires suggèrent un autre argument de masse pour convaincre les partisans purs et durs qui s’imaginent déjà en train de manger un hot-dog dans un stade au centre-ville de Montréal. Selon eux, le partage des revenus serait alors recentré davantage vers l’essentiel, soit la composition de l’équipe qui occupe le terrain. Un terrain qui, à domicile, serait en quelque sort un énorme studio de diffusion.

Pour lire tous les détails de la lettre ouverte: https://medium.com/@sylvainraymond/un-stade-de-baseball-des-ligues-majeures-sans-estrades-pour-montreal-au-bassin-peel-397cfb1f6052.