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Tramway de Québec: le télétravail ne réglera pas la congestion, assure un chercheur

Taïeb Moalla | Journal de Québec

Tramway secteur ouest

Illustration d’archives, Ville de Québec

Le télétravail, qui a connu un important essor ces derniers mois en raison de la pandémie, ne devrait pas permettre de réduire la congestion routière à long terme, estime le chercheur Jean Dubé, de l’Université Laval.

«Cette idée de télétravail qui va régler les périodes de pointe, a priori, j’y crois pas du tout», s’est exprimé le professeur Dubé, mardi après-midi, au deuxième jour des travaux du BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) consacré au tramway de Québec.

M. Dubé, professeur à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional (ÉSAD), a été mandaté par le BAPE, début juin, pour étudier l’impact de la COVID-19 sur les habitudes de déplacement des gens de Québec. Il a présenté les résultats préliminaires de sa réflexion en attendant de déposer un rapport complet d’ici le 23 juillet.

L’expert a d’ailleurs tracé un parallèle entre la COVID-19 et les attentats aux métros de Bruxelles ou de Madrid ou encore avec la fréquentation des transports en commun à Toronto après l’épidémie de SRAS. «Ça a créé un stigmate épouvantable. (Mais) après un an, on revenait à un niveau de service comparable à la situation d’avant, a-t-il affirmé. L’effet de la COVID, à moyen terme, c’est un choc temporaire.»

L’enjeu du télétravail a rebondi, lundi soir, devant le BAPE lorsque le citoyen Luc Dallaire a appelé le bureau de projet du réseau structurant à revoir ses chiffres, de fond en comble, à cause de la pandémie.

«Augmenter la demande future» 

Selon Jean Dubé, «le but n’est pas de dire qu’on fait un transport en commun pour répondre à la demande actuelle. Si on veut investir autant dans un transport collectif, le but est d’augmenter la demande future et de faire en sorte qu’on va faire basculer les gens d’un choix plus classique du véhicule à un choix du transport en commun». Ce dernier a ajouté que «réfléchir aujourd’hui sur la période de pointe qu’on observe maintenant pour essayer de prévoir dans 20-30 ans, c’est un peu court terme».

M. Dubé a avancé que le télétravail n’est déjà pas possible pour deux tiers des emplois à cause de leur nature même. D’après lui, le télétravail et la possibilité de créer «des horaires mixtes» (moitié de la semaine à la maison et moitié au travail) auraient de toutes façons un faible impact sur le nombre total des déplacements.

«On peut réduire les déplacements de 40 000 à 45 000 en période de pointe. (Malgré ça), cela correspond à un achalandage plus élevé qu’on avait en 2001 et ça n’efface pas du tout la période de pointe», croit le spécialiste.