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Des bottes étrangères pour les militaires

Agence QMI

L'entreprise G.A. Boulet, située à Saint-Tite en Mauricie, tourne présentement au ralenti, non seulement en raison de la pandémie, mais aussi parce qu'elle n'a plus de contrat pour fournir l'armée en bottes de combat.

Jusqu'à 200 travailleurs s'activent normalement dans les ateliers de Bottes Boulet, mais ces jours-ci, l'usine tourne seulement à 10 % de sa capacité.

Selon l'entreprise, l'armée verse maintenant une allocation à ses soldats pour qu'ils achètent eux-mêmes leurs bottes de combat. Ceux-ci ne pourront toutefois pas se procurer de bottes produites au pays.

«Il n'y a aucune botte canadienne qui est fournie pour l'armée canadienne; c'est toutes des bottes importées», a déploré Louis Boulet, vice-président des entreprises G.A. Boulet.

M. Boulet a souligné que le montant de l'allocation versée aux soldats est deux fois plus élevé que le prix auquel son entreprise vendait ses bottes à la Défense nationale.

Alors que les gouvernements martèlent depuis des mois l'importance d'acheter localement, cette décision a de quoi faire sourciller.

Il y a à peine trois ans, les ateliers de G.A. Boulet produisaient jusqu'à 30 000 paires de bottes militaires par année, mais depuis deux ans, aucune n'a été produite.

«Quand on soumissionne, on a un cahier de charge très élaboré: des dizaines de tests en laboratoire doivent être faits sur toutes les matières premières qu'on utilise. On doit prouver que les matériaux sont les bons, des lacets jusqu'à la semelle, le cuir, les doublures», a expliqué M. Boulet.

Or, avec l'allocation, les militaires se font seulement spécifier «la hauteur et la couleur» que doit avoir la botte, a-t-il ajouté.

«Ce qui est triste, c'est que nous, pendant ce temps-là, on met du monde au chômage», a renchéri M. Boulet.

Le bureau du député fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, n'a pas donné suite à la demande d'entrevue de TVA Nouvelles. Le bureau du ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a quant à lui indiqué que les approvisionnements ne sont pas politiques et relèvent directement de l'armée.

- Avec les informations de Patricia Hélie, TVA Nouvelles