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Revenu minimum garanti : Ottawa devrait débourser jusqu’à 96 milliards $

Agence QMI

Il en coûterait de 45,8 à 96,4 milliards de dollars au gouvernement fédéral pour garantir à tous les Canadiens un revenu minimum à compter de l’automne prochain pour une période de six mois.

C’est la conclusion auquel arrive le directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux, dans un rapport présenté mardi. Ce dernier s’est penché sur la question après en avoir reçu la demande de la part du sénateur Yuen Pau Woo.

Ce rapport est basé sur les paramètres d’un projet pilote mené en 2017 en Ontario sur la mise en place d’un revenu minimum garanti non imposable pour tous les citoyens de la province de 16 989 $ annuellement pour les célibataires et de 24 027 $ pour les couples.

Ainsi, Yves Giroux présente trois scénarios où les bénéficiaires d’un revenu garanti recevraient 0,50, 0,25 ou 0,15 $ pour chaque dollar gagné.

Sur une période de six mois, le gouvernement fédéral devrait donc débourser respectivement 96,4, 71,8 ou 45,8 milliards $ selon ces trois scénarios afin de garantir à tous les Canadiens un revenu équivalent à au moins 75 % de la mesure de faible revenu de leur province.

Selon le scénario retenu, la prestation moyenne octroyée aux Canadiens de 18 à 64 ans serait donc située entre 4 500 $ et 4 800 $.

« Ces estimations ne tiennent pas compte des réactions comportementales au revenu de base garanti. Selon certaines études, un revenu minimum garanti peut entraîner un effet négatif sur la participation de la main-d’œuvre et sur le nombre d’heures travaillées », précise Yves Giroux dans son rapport.

Un montant de 1,7 milliard $ devrait également être déboursé pour accorder un supplément universel de 6000 $ aux personnes handicapées.

Par ailleurs, Ottawa récupérerait environ 15 milliards $ grâce à l’annulation de plusieurs programmes fédéraux et provinciaux qui seraient remplacés par un revenu minimum garanti, indique M. Giroux.

Surtout soutenu par des groupes associés à la gauche, l’idée d’un revenu minimum garanti a gagné du terrain avec la crise de la COVID-19 et la mise sur pied de la Prestation canadienne d’urgence qui s’en apparente.