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Le taux d’endettement du fédéral prendra du temps à se résorber, selon Clément Gignac

Agence QMI

Le vice-président principal et économiste en chef à iA Groupe financier Clément Gignac estime qu’il faudra attendre des années avant de voir le taux d’endettement du gouvernement fédéral descendre au niveau d’avant la COVID-19.

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Le gouvernement de Justin Trudeau a présenté le portrait financier du fédéral mercredi avec un déficit qui atteindra 343,2 milliards $ en 2020-2021. Le ratio de la dette par rapport à la taille de l’économie, le produit intérieur brut (PIB), bondira donc de 34 % à environ 50 %.

«Je m’attends à ce qu’on attende sept-huit ans avant de revenir à notre niveau d’endettement d’il y a un an», a dit Clément Gignac en entrevue à LCN.

L’ancien ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation du Québec a mentionné que le Canada peut se permettre un plus grand endettement.

«Oui, c’est des gros chiffres, mais quand on regarde cela, c’est la bonne chose à faire, a-t-il précisé, en parlant du bond de la dette et du déficit. On peut passer à travers cela sans des hausses d’impôts.»

M. Gignac souligne que le Canada est un des pays les moins endettés des pays industrialisés et que les autres pays ont aussi dû s’endetter en raison de la crise de la COVID-19. Il a ajouté que le gouvernement fédéral a considérablement réduit son endettement depuis le milieu des années 1990. En 1995-1996, la dette fédérale représentait 66,6 % du PIB.

«Il ne faut pas s’attendre à des hausses d’impôts imminentes. Surtout pas avec un gouvernement minoritaire», a-t-il dit.

Il estime que le gonflement du déficit avec les aides fournies aux particuliers et aux entreprises était nécessaire pour éviter une explosion du chômage et des faillites en série.

Clément Gignac s’attend à ce que des aides comme la Prestation canadienne d’urgence (PCU) soient graduellement abolies dans les prochains mois et qu’il reste encore assez de marge de manœuvre financière à Ottawa pour annoncer des programmes de stimulation économique.

Il a noté qu’en plus des hausses de dépenses pour aider la population et les entreprises, le fédéral a dû composer avec la faiblesse de l’économie qui a réduit les entrées d’argent et nuit à son bilan.