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Québec prolonge l’aide pour les services aériens régionaux

Agence QMI

En raison de l’abandon de certaines dessertes aériennes régionales par Air Canada, le gouvernement du Québec a décidé de prolonger un programme d’aide pour les services aériens régionaux qui avait été lancé pour faire faire à la pandémie de COVID-19.

Le Programme d’aide pour le maintien des services aériens régionaux essentiels en période d’urgence sanitaire sera prolongé jusqu’au 31 octobre. Il est doté d’un total maximal de 40 millions $.

Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a aussi annoncé la création d’un groupe d’intervention qui a comme mission d’identifier des solutions pour l’avenir des dessertes aériennes régionales. Une première rencontre est prévue jeudi prochain.

«Au cours des derniers jours, j’ai multiplié les rencontres avec les élus et les partenaires du milieu. Je peux vous affirmer que j’ai entendu leurs préoccupations et que votre gouvernement est en action pour maintenir les dessertes aériennes en région. Notre priorité est de trouver rapidement des moyens afin de permettre la reprise à court terme des liaisons suspendues», a affirmé le ministre Bonnardel par communiqué.

Le groupe d’intervention sera présidé par le ministre des Transports. Chaque parti présent à l’Assemblée nationale aura droit à un siège chacun, tout comme la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Diverses organisations du milieu aérien, du monde des affaires, ainsi que plusieurs autres ministères y seront représentés.

En conférence de presse jeudi à Montréal, le ministre Bonnardel a précisé que dans le cadre du travail pour trouver des solutions permanentes pour garantir le transport aérien régional au Québec, Air Canada sera consulté.

«Il faudra s’associer et travailler avec Air Canada, a-t-il dit. On ne veut pas voir Air Canada revenir dans le marché dans 2-3 quand les conditions seront meilleures et détruire ce qu’on a fait», a-t-il dit.

Il a précisé qu’une collaboration avec le plus gros transporteur du pays pour faciliter les transits entre les destinations est aussi nécessaire.

La décision du 30 juin par Air Canada de suspendre indéfiniment de nombreuses liaisons régionales avait suscité une onde de choc en région. Cet abandon avait été vu par les autorités municipales et régionales comme un coup dur pour leur vitalité économique. Elles avaient même créé une cellule de crise pour trouver des solutions de rechange.

Au Québec, les liaisons Baie-Comeau-Montréal, Baie-Comeau-Mont-Joli, Gaspé-Les Îles-de-la-Madeleine, Gaspé-Québec, Sept-Îles-Québec, Val-d'Or-Montréal, Mont-Joli-Montréal et Rouyn-Noranda-Val-d'Or sont suspendues par Air Canada.

Il n’y aura aussi plus d’escales à Gaspé, Baie-Comeau, Mont-Joli et Val-d'Or.

Air Canada avait mentionné que ces arrêts de service étaient nécessaires afin de préserver sa trésorerie. La compagnie aérienne avait expliqué que ces réductions de services étaient le résultat d’une «faiblesse constante de la demande tant dans le marché d'affaires que dans celui du loisir, conséquence de la COVID-19, des restrictions de voyage fédérales et provinciales et des fermetures de frontières, qui réduisent les perspectives de reprise à court et à moyen terme».

La compagnie aérienne avait réitéré que le rétablissement du transport aérien prendrait au moins trois ans.

Afin de préserver ses liquidités, l’entreprise compte aussi réévaluer son réseau et ses horaires, et même peut-être sabrer d’autres liaisons, pour réduire ses coûts.

Air Canada a perdu 1,05 milliard $ au premier trimestre de 2020.