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Dénonciations sur internet: les têtes tombent

Cédric Bélanger | Le Journal d eMontréal

La vague de dénonciations de harcèlement et d’agressions sexuelles qui secoue le web québécois a emporté trois figures importantes du milieu artistique en moins de 24 heures : l’animatrice Maripier Morin, le chanteur Bernard Adamus et Eli Bissonnette, le patron d’une des maisons de disques les plus reconnues au Québec.

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Tour à tour, ils ont annoncé qu’ils mettaient leur carrière sur pause après avoir été accusés sur les réseaux sociaux d’inconduites sexuelles, de voies de fait, de racisme et, dans le cas du président du label Dare To Care, d’avoir fait régner un climat de travail malsain.

Deux ans après #MeToo, ils font partie des personnalités les plus en vue d’une longue liste de présumés agresseurs dont les abus allégués ont été révélés, depuis plus d’une semaine, à l’intérieur d’un mouvement de dénonciations qui a pris une ampleur inégalée sur les réseaux sociaux, au Québec.

Pointée du doigt par la chanteuse Safia Nolin dans une série de messages sur Instagram qui ont eu l’effet d’une bombe, mardi soir, Maripier Morin a mis sa carrière en veilleuse, hier.

La veille, l’animatrice avait présenté publiquement des excuses à Safia Nolin, qui a soutenu que Maripier Morin l’a harcelée, mordue à une cuisse et a tenu des propos racistes dans un bar de Montréal, en mai 2018.

Bien que l’orage soit loin d’être terminé, tout n’est pas perdu pour Maripier Morin. La star pourrait éventuellement rebondir en raison du star-système de proximité qui existe au Québec, croit le stratège en communication et spécialiste de l’image Jean Gosselin.

« Les Québécois pardonnent assez facilement certains écarts de conduite. La durée du purgatoire sera peut-être plus longue selon la nature de l’offense, mais règle générale, le public est prêt à pardonner à ses vedettes. Parce qu’il les considère comme des êtres humains. Et les humains commettent des erreurs. »

Adamus admet  

Le chanteur Bernard Adamus est la cible d’allégations de mauvais traitements physiques et sexuels contre des jeunes femmes.

Photo d'archives, Agence QMI

Le chanteur Bernard Adamus est la cible d’allégations de mauvais traitements physiques et sexuels contre des jeunes femmes.

Mercredi soir, c’était au tour du chanteur Bernard Adamus de tomber. Il a été largué par sa maison de disques, Dare To Care, après avoir été la cible de troublantes allégations de mauvais traitements physiques et sexuels contre des jeunes femmes sur la page Instagram Victims.Voices.Montreal.

L’artiste de 42 ans a fait son mea culpa sur les réseaux sociaux, hier.

« Le sexe et l’alcool se sont trop souvent mal mélangés dans ma très tumultueuse vie depuis dix ans dans l’industrie de la musique d’ici », explique Adamus, qui a affirmé avoir arrêté de boire.

Le boss était au courant  

Le patron de la maison de disques Dare To Care, Eli Bissonnette, a annoncé son départ hier après avoir été intimement lié à l’affaire Adamus.

Photo courtoisie

Le patron de la maison de disques Dare To Care, Eli Bissonnette, a annoncé son départ hier après avoir été intimement lié à l’affaire Adamus.

Intimement lié à l’affaire Adamus et taxé d’avoir fermé les yeux sur les gestes répréhensibles, le président de Dare To Care a par la suite annoncé son départ.

Dans un message publié sur sa page Facebook, Eli Bissonnette reconnaît qu’il aurait dû mettre fin plus tôt à son association d’affaires avec Bernard Adamus, qu’il était au courant des rumeurs au sujet du chanteur et que ses propres agissements, remarques, relations en tant que figure d’autorité « n’étaient pas forcément d’égal à égal ».

— Avec la collaboration de Marc-André Lemieux

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