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La prison pour un exhibitionniste dans les bus publics

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Bloc justice

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Un exhibitionniste récidiviste, qui prend plaisir à montrer ses parties génitales à des jeunes femmes dans les transports en commun, s’en est sorti avec 90 jours de prison, mais il risque maintenant l’expulsion du pays.

« Les faits [...] suscitent une vive inquiétude pour la protection de la société, en particulier les femmes qui exercent leur droit de circuler librement et sans crainte dans les endroits publics », a récemment commenté le juge Randall Richmond, en condamnant Ramdane Rezaiki en cour municipale à Montréal.

Rezaiki, 34 ans, est un résident permanent débarqué au Québec en 2012. 

Moins d’un mois après son arrivée au pays, il s’est fait attraper une première fois à se masturber devant une jeune femme dans un autobus de la Société de transport de Montréal. 

Arrêté et accusé, Rezaiki s’en était toutefois sorti avec une absolution, évitant un casier judiciaire. 

Mais il a été incapable de contenir ses pulsions, puisqu’il a récidivé dans un bus de nuit, à l’été 2017.

« J’ai envie ! »

Cette nuit-là, son chemin a croisé celui de deux jeunes femmes âgées de 18 et 19 ans. 

Fatiguées, elles s’étaient assoupies dans le fond de l’autobus quand Rezaiki s’est approché, profitant de leur sommeil pour toucher la cuisse de l’une d’elles, à six reprises.

Réveillées par les attouchements non consentis, la femme et son amie ont débarqué du véhicule. 

Mais Rezaiki les a suivies, pour les rejoindre quelques minutes plus tard en tenant son membre dans sa main.

« J’ai envie, leur a-t-il dit. J’ai envie ! Appuyez s’il vous plaît sur monsieur bouton. Aidez-moi ! »

Les deux jeunes femmes ont appelé la police et Rezaiki a vite été appréhendé.

À risque

Lors de son procès, Rezaiki n’a pas manqué de minimiser ses gestes, disant avoir agi sous l’effet de l’alcool, même s’il n’était pas saoul. 

Il a même tenté de blâmer les victimes qui, selon lui, n’avaient pas à être affectées par ces événements.

Cela n’a pas rassuré le juge, d’autant plus que le risque de récidive de Rezaiki est très élevé, selon les résultats des tests sexuels qu’il a subis.

« Sur 100 délinquants sexuels, seulement quatre auraient un score inférieur », a noté le magistrat.

Ainsi, même si Rezaiki a supplié d’obtenir une seconde absolution, le juge a estimé que l’exhibitionniste méritait la prison. 

À la demande de la poursuite, il l’a ainsi condamné à 90 jours d’incarcération, suivi d’une probation de trois ans.

Par la suite, Ramdane Rezaiki pourrait faire l’objet d’une mesure de renvoi vers son pays natal, l’Algérie, en Afrique.