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Une femme ferme les yeux sur l'agression de sa fille de 10 ans

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Une mère de famille qui a choisi de «faire de l’aveuglement volontaire» en laissant sa fille de 10 ans «fréquenter» un homme de 58 ans qui l'a agressée sexuellement a plaidé coupable, vendredi, à une accusation de négligence criminelle causant des lésions corporelles.

Durant l'été 2015, la mère de famille, que l’on ne peut nommer pour protéger l’identité de la victime, a déménagé avec ses enfants dans la région de Shawinigan. 

C'est là qu'elle a connu le concierge de son immeuble, avec qui elle s’est liée d’amitié.

«Il s’occupe des enfants de madame et principalement de la jeune victime. La jeune fille passe beaucoup de temps chez le concierge, qui la nourrit, fait son lavage, lui achète des vêtements et l’aide dans ses travaux scolaires», a brièvement raconté Me Mélanie Dufour, de la poursuite. 

Dans un résumé fait de façon conjointe avec Me Dominique Cant, de la défense, la procureure a mentionné que l'homme avait agressé la fillette pour la première fois à la fin de l'année. 

Agression sexuelle complète

Jusqu’en avril 2018, plusieurs agressions sexuelles ont été commises à l’endroit de l’enfant, allant des attouchements aux relations sexuelles complètes. 

«En janvier 2016, un signalement concernant l’enfant a été fait à la DPJ et il a été interdit à l’homme de voir la jeune fille», a ajouté la procureure.

Malgré cela, la gamine a continué de voir l’homme, et ce, avec l’approbation de sa mère, qui a même suggéré au concierge «de ne pas se stationner en avant de la maison pour ne pas se faire prendre par la DPJ». 

«En décembre 2017, l’accusée est allée reconduire sa fille près d’une meunerie où le concierge l’attendait dans sa voiture. À bord de celle-ci, des attouchements sexuels ont eu lieu, et la mère est revenue chercher sa fille une heure plus tard», a précisé Me Dufour. 

Agression filmée

En avril 2018, une agression sexuelle filmée par la sœur de la victime et visionnée par la mère a finalement amené cette dernière à dénoncer la situation aux policiers. 

Après avoir plaidé coupable aux accusations portées contre lui, le concierge a écopé d’une peine d’emprisonnement de six ans. 

«Les agressions ont eu de graves conséquences pour la jeune fille, qui présente désormais des difficultés comportementales et d’apprentissage en milieu scolaire. Elle a une faible estime d’elle-même, s’arrache les sourcils et les cheveux, et elle vit de l’anxiété», a souligné la poursuivante. 

Un rapport présentenciel a été demandé pour éclairer le tribunal quant à la peine devant être imposée à la femme, qui n'a aucun antécédent judiciaire.