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Une nouvelle proposition pour le Cirque du Soleil

Martin Jolicoeur | Journal de Montréal

Le Cirque du Soleil a pris tout le monde par surprise en confirmant hier l’existence de discussions avancées entre elle et ses créanciers en vue de la préparation d’un nouvel arrangement financier dans le cadre de procédures pour s’éviter la faillite.

Réunis devant la Cour supérieure du Québec, les avocats des parties ont laissé entendre que si une telle entente venait à se réaliser, elle servirait de nouvelle proposition d’amorce au processus d’enchères mis en place dans le cadre de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Le 29 juin, le Cirque a annoncé s’être adressé aux tribunaux pour se protéger de ses créanciers. Le même jour, un processus d’enchère était constitué, et les actionnaires du Cirque présentaient aussitôt une proposition de 300M$US.

De cette somme, 200M$US étaient puisés d’un prêt accordé par Investissement Québec au groupe d’actionnaires du Cirque. Rappelons que ce groupe est constitué du fonds texan TPG Capital, de la firme chinoise Fosum et de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Catalyst sans pardon

Les détails du nouveau montage en préparation n’ont pas été dévoilés au cours de l’audience virtuelle, à laquelle assistaient plus de 130 personnes; des avocats, investisseurs, créanciers et journalistes pour la plupart.

Toutefois, prenant acte de ce nouveau développement, le juge Louis-Joseph Gouin a accordé aux parties jusqu’à mardi, 14 juillet, pour parvenir à une entente et faire connaître leur nouvelle proposition d’arrangement. Tout indique que cette dernière viendrait écarter la convention d’achat initiale présentée par les actionnaires le 29 juin.

Catalyst Capital, qui domine le groupe de créanciers intéressés par la reprise, a refusé de partager des éléments de la proposition en négociation. Mais selon une source proche de l’entreprise, les actionnaires actuels du Cirque -si tant qu’est qu’ils se l’imaginent- ne devraient en aucun cas espérer une participation significative dans une prochaine mouture du Cirque. «Ils peuvent vouloir nous parler. Je comprendrais qu’ils le veuillent. Mais ils ne doivent s’attendre à rien».

Procédures questionnées

Affirmant s’exprimer pour le bénéfice de l’ensemble des entreprises intéressées par le rachat du Cirque, l’avocat de Québecor a cherché à sensibiliser la Cour sur certains éléments particulièrement contraignants du processus mis en place. Parmi elles, figure l’interdiction à tout offrant de «communiquer librement avec les créanciers».

À l’écoute, le juge a répondu être tout autant «préoccupé par l’intégrité du processus» mis en place par le contrôleur. Il a dit souhaité se pencher sur certains éléments du cadre proposé, mais vouloir d’abord favoriser la complétion des discussions entamées entre le Cirque et le groupe de créanciers.

Après avoir demandé de recevoir la nouvelle entente d’ici le 14, le juge a convié l’ensemble des parties à une prochaine audience, fixée le 17 juillet. 

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