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EN PHOTOS | Crise d’Oka : des convois de voitures pour commémorer le 30e anniversaire

Agence QMI

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

C’est à bord de leurs véhicules que des gens des communautés mohawks de Kanesatake et de Kahnawake ont marqué le 30e anniversaire de la crise d’Oka, samedi, certains bloquant le pont Honoré-Mercier entre Montréal et la Rive-Sud.

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Habituellement, la commémoration de cet événement se déroule avec des gens qui marchent pacifiquement côte à côte, mais cette année, alors que la pandémie de COVID-19 se poursuit, c’est en voiture qu’elle a eu lieu.

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Vers 8 h 45, samedi matin, à Kahnawake, sur la Rive-Sud de Montréal, une quarantaine de voitures sont parties de la Kahnawake Survival School en direction du pont Honoré-Mercier pour le traverser jusque du côté montréalais, le bloquant temporairement.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Le pont Honoré-Mercier avait été bloqué en 1990, en appui aux résidents de la réserve de Kanesatake, près d’Oka, où avait débuté la crise.

Bien qu’elle ait provoqué un ralentissement de la circulation, la manifestation s’est bien déroulée et le tout était revenu à la normale aux alentours de 10 h 15, selon la Sûreté du Québec, qui était là en assistance à la demande des Peacekeepers de la réserve mohawk.

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La crise d’Oka, avec en toile de fond un projet de développement auquel s’opposaient les Mohawks, s’est déroulée du 11 juillet au 26 septembre 1990. 

Les Mohawks avaient érigé une barricade pour bloquer le projet devant avoir lieu sur une pinède séparant la réserve du village d’Oka. 

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

La crise a éclaté le 11 juillet 1990 lorsque la Sûreté du Québec a tenté de lever la barricade, une opération qui a coûté la vie à de ses membres, le caporal Marcel Lemay. 

L’armée a alors été appelée en renfort. La crise allait durer 78 jours. Du côté mohawk, un aîné de Kahnawake, Joe Armstrong, a aussi perdu la vie durant cette crise après avoir reçu une pierre à la poitrine.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

 «Rien n’a changé»

Pour commémorer l’événement, le chef de l’assemblée des Premières nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, a adressé une lettre ouverte au premier ministre François Legault dans laquelle il déplore que les droits des communautés autochtones soient toujours bafoués au Québec.

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«Bien que la crise d’Oka ait tristement laissé sa marque indélébile dans nos esprits, elle peut encore servir de référence, car depuis trente ans, rien n’a vraiment changé», a indiqué M. Picard.

«Cependant, la fracture sociale et politique entre les Premières Nations et une partie de la population québécoise est le fruit de décennies d’injustices et de mesures forcées. Il est évident que de soumettre une population entière à de tels agissements ne peut que laisser des blessures encore vives aujourd’hui», a-t-il ajouté.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

«Lorsqu’un peuple nie les droits fondamentaux d’un autre peuple sur les bases de sa race, nous sommes en présence de racisme. Lorsque cette négation est exercée formellement et systématiquement par un État, nous sommes en présence de racisme et de discrimination systémiques. Encore une fois, n’ayons pas peur des mots. Ils nous aident à faire face à la réalité.»

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