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La vague de dénonciations prend de l’ampleur

TVA Nouvelles

Yann Perreau, Bernard Adamus, Alex Nevsky, tous dénoncés sur les réseaux sociaux dans la dernière semaine pour des allégations d'inconduites sexuelles. 

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«On a remarqué une augmentation des appels qui sont en lien directement avec la vague de dénonciations», confirme Nadia Morin, directrice générale des Centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.

«Le fait de voir certaines personnes dénoncer nous pousse, nous donne envie nous aussi d'utiliser cette façon de faire là. Je crois que c'est vraiment un mouvement d'entraînement qui fait que les gens ont envie de se libérer aussi de quelque chose. Nous, on n’est pas là pour critiquer ou porter un jugement sur le moyen. On encourage les gens, en fait, à faire des dévoilements», mentionne Mme Morin en entrevue avec TVA Nouvelles.

Cependant, dénoncer son présumé agresseur sur les réseaux sociaux n'est pas sans risque, prévient l’avocat Me François-David Bernier.

«Les gens veulent avoir justice, mais ce n'est pas une façon de faire parce que, des fois, l'impact sur la personne visée est beaucoup plus grand que le geste commis. Je ne veux pas banaliser les gestes qui auraient pu être commis, mais ce n'est pas une façon de faire dans le système de justice», explique Me Bernier.

Ce dernier reconnaît toutefois que si les victimes se tournent vers Instagram plutôt que vers les tribunaux, c'est qu'il y a des ratés dans le processus judiciaire. 

À cet effet, seuls 5% des crimes sexuels se soldent en condamnations selon les données du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQ-CALACS). 

«Malheureusement, ce à quoi on assiste, c'est à une sorte d'échec du système. C'est la fameuse boîte noire du système où qui aurait pu être agressé ou avoir subi des inconduites se sent un peu perdu en lien avec le fait de devoir aller au poste de police, de devoir expliquer son histoire. Donc, on sent cette crainte-là du système», conclut l’avocat.

Si vous n'avez pas dénoncé une agression subie il y a une semaine, un an, 10 ans, le réseau CAVAC recommande aux victimes de briser le silence et, si nécessaire, de faire appel à leur service gratuit.

-Avec les informations de Raphaël Beaumont-Drouin

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