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Les agences de rencontre se déconfinent

Étienne Paré | Agence QMI

Murielle Poitras, propriétaire de l'agence de rencontres Accord.

Photo Martin Alarie, Journal de Montréal

Murielle Poitras, propriétaire de l'agence de rencontres Accord.

Les agences de rencontre commencent à reprendre du service, alors que le célibat a été pénible pour plus d’un pendant le confinement.

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«Les gens seuls ont beaucoup souffert. Nos abonnés étaient très fébriles de revenir. Je n’ai pas senti de nervosité. On a aussi eu de nouvelles inscriptions», a indiqué Murielle Poitras, propriétaire de l’agence Accord, qui observe que tant les hommes que les femmes ont souffert de la pandémie et qu’ils sont aussi nombreux à faire appel à elle.

L’entremetteuse s’est remise il y a quelques semaines à organiser ses déjeuners-rencontres hebdomadaires dans un restaurant de Laval. Elle a même eu à conseiller de nouveau quelques clients pour des rendez-vous galants en personne. Évidemment, ces activités sont un peu affectées par la distanciation sociale.

«Comme ma clientèle a plus de 35 ans, je dirais que tout le monde respecte la distanciation. Si je travaillais avec des jeunes, ce serait sans doute différent», a glissé Mme Poitras, reconnaissant toutefois que le contexte n’est pas vraiment propice aux rapprochements.

Dans les derniers brunchs, elle a d’ailleurs observé que les célibataires avaient bien du mal à parler d’autres choses de la COVID-19, un sujet générique qui ne permet pas tellement de mieux connaître la personnalité de son prétendant.

Pas inquiète pour sa survie

En 27 ans de carrière, Murielle Poitras s’avoue un peu dépassée par la crise, surtout que le coronavirus lui a fait perdre le printemps, habituellement la période la plus lucrative de l’année pour son agence.

Mais peu importe, Mme Poitras sait qu’il y a toujours de la lumière au bout du tunnel. Après tout, elle a quand même survécu à l’arrivée d’internet.

«Quand les sites de rencontre sont arrivés, j’ai eu un creux de vague, mais mon nombre de clients ne bouge pas d’année en année. Souvent, les gens qui viennent nous voir ont déjà passé par les sites et les applications de rencontre. Je ne dis pas que ça ne fonctionne pas, mais il manque un contact humain», a ajouté celle qui ne craint plus aujourd’hui les Tinder et Badoo de ce monde.

Pandémie de solitude

Jacqueline Côté, qui possède une agence pour personnes du troisième âge, ne partage pas cet enthousiasme quand elle songe à la suite des choses. Une bonne partie de sa clientèle a toujours peur du virus et n’est pas encore prête à recommencer leur recherche pour trouver l’âme sœur.

«Plusieurs de mes clients vivent en CHSLD et ils ne veulent pas revenir tant que ça ne redeviendra pas normal. Ça recommence, mais très mollo», a expliqué Mme Côté, qui organise désormais les premières rencontres par téléphone, pandémie oblige.

Elle dit ne pas être en mesure encore de recommencer les dîners hot-dog chez elle à Repentigny. La traditionnelle épluchette de blé d’Inde est aussi en suspens, un questionnement qui lui brise le cœur.

«Il y a énormément de solitude chez les aînés. Des gens m’appellent juste pour parler. Il faut savoir qu’il y a des personnes âgées qui ne parlent à personne de leur journée», se désole celle qui joue les Cupidon depuis une dizaine d’années.