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Mitt Romney dénonce un acte de «corruption historique»

Agence France-Presse

Le sénateur républicain Mitt Romney, l'un des rares membres du parti présidentiel à critiquer ouvertement Donald Trump, a vivement attaqué samedi la décision du président la veille de commuer la peine de son ami Roger Stone.

«Corruption historique, sans précédent: un président américain commue la peine de prison d'une personne condamnée par un jury pour avoir menti afin de protéger ce même président», a tweeté Mitt Romney, ancien candidat républicain à la présidentielle de 2012.

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Roger Stone avait été reconnu coupable en novembre d'avoir menti au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l'enquête sur de possibles liens entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie.

Conseiller politique de Trump par intermittence depuis plus de 20 ans, le sexagénaire haut en couleur avait été condamné à passer 40 mois derrière les barreaux. Il devait commencer à purger sa peine la semaine prochaine.

Mais Donald Trump n'avait jamais caché sa volonté d'épargner la prison à son ancien conseiller. «Roger Stone a été la cible d'une chasse aux sorcières qui n'aurait jamais dû avoir lieu», a-t-il encore affirmé dans un tweet samedi matin.

Mitt Romney, seul membre du Grand Old Party à avoir voté en février en faveur de la destitution de Donald Trump dans le cadre de l'affaire russe, est le premier membre influent du parti républicain à s'élever publiquement contre cette décision présidentielle.

Les démocrates crient eux au scandale depuis l'annonce, vendredi.

«La décision de Donald Trump de commuer la peine de son conseiller de campagne Roger Stone (...) est un acte de corruption stupéfiant», a déclaré vendredi la cheffe des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi.

«Le Congrès va prendre des mesures pour empêcher ce genre de méfait éhonté», a-t-elle poursuivi dans un communiqué. «Nous avons besoin de légiférer pour s'assurer qu'aucun président ne puisse grâcier ou commuer la peine d'un individu impliqué dans une campagne de dissimulation pour protéger ce même président de poursuites pénales.»