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Vague de dénonciations: les bars réagissent

Étienne Paré | Agence QMI

Dans la foulée de la nouvelle vague de dénonciations sur les réseaux sociaux, des tenanciers montréalais s’engagent à redoubler leurs efforts pour éviter que des agressions sexuelles aient lieu dans leurs bars.

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Conscient que la consommation d’alcool est souvent propice aux agressions de toutes sortes, l’Escogriffe, sur le Plateau, a annoncé cette semaine sur sa page Facebook qu’un système s’apparentant à l’«Angel Shot» sera mis en place.

Un système qui a fait ses preuves 

Depuis près de trois ans maintenant, il est possible dans quelques bars de la métropole de commander un «Angel Shot». Il ne s’agit pas ici d’un shooter, mais d’un signal subtil envoyé au barman pour lui demander de nous sortir d’une situation inconfortable.

«En commandant un Angelot, la personne est amenée à un endroit réservé au personnel. On lui demande alors comment elle se sent, si elle veut qu’on appelle un taxi ou une amie. Il y a aussi une porte qui lui permet de quitter le bar sans être vue», a expliqué Marilou Sciascia Ruel, propriétaire des 2 Pierrots, l’un des premiers établissements à avoir formé ses employés à cette astuce.

Depuis, seuls trois Angelots ont été «commandés» dans cette institution du Vieux-Montréal, toujours par des filles qui se trouvaient avec des garçons qu’elles ne connaissaient pas et qui se montraient particulièrement insistants avec elles.

«Même si ce n’est pas énorme, c’est important que les gens sachent que ça existe, que le personnel est à l’affût. En tant que mère, je me sentirais plus en sécurité que ma fille sorte dans un bar où il y a ce système», a poursuivi Mme Sciascia.

Pascale Mertes, elle, n’a jamais eu à «servir» un Angelot depuis qu’elle a présenté ce code à son personnel, il y a quelques mois.

«Par contre, plusieurs clientes qui voient les affiches que j’ai installées dans les toilettes nous félicitent», a mentionné la gérante de la marina Le Commodore, à Laval, qui pense que tous les débits de boisson du Québec devraient se familiariser avec cette approche dans le contexte actuel.

Un enjeu laissé de côté 

Avec tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ) considère que l’ensemble du Québec est mûr pour une nouvelle campagne majeure de sensibilisation au consentement dans les bars, la dernière datant de quelques années.

«On aimerait en discuter avec la sécurité civile dans les prochains jours, mais le problème qu’on a en ce moment, c’est qu’on ne sait pas si on va être encore ouvert la semaine prochaine», a observé Renaud Poulin, le directeur général de la CPBBTQ.

M. Poulin reconnait que certains bars, pour toutes sortes de raison, peuvent être réticents à appeler les policiers pour sortir un individu qui a un comportement inapproprié. Afin d’améliorer les relations entre les tenanciers et la police, il souhaite que reprenne Nocturne, un programme mis en œuvre par la Sûreté du Québec et des services municipaux qui permettaient aux propriétaires de bars de leur faire part d’enjeux liés à la criminalité qu’ils observent.

Selon M. Poulin, cela pourrait déboucher sur une nouvelle campagne de prévention au GHB, communément appelée «la drogue du viol», un véritable fléau dans les bars.

«Avant, on avait des sous-verres, des affiches... J’avais même fait des conférences de presse avec les corps policiers, mais on dirait que ça s’est éteint dans les dernières années», s’est-il désolé.

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