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La PCU fait la vie dure aux commerçants

Catherine Bouchard | Journal de Québec

Dany Trépanier, propriétaire de Lave-Auto DT, à Lévis, reçoit un coup de main de sa fille Océanne, tellement il a de la difficulté à recruter.

Photo Stevens Leblanc

Dany Trépanier, propriétaire de Lave-Auto DT, à Lévis, reçoit un coup de main de sa fille Océanne, tellement il a de la difficulté à recruter.

Des commerçants dénoncent qu’ils doivent jongler avec les horaires de leur personnel et engager constamment, car plusieurs employés veulent travailler le moins possible pour conserver la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Un propriétaire de lave-auto est tellement débordé que sa fille de 8 ans travaille avec lui. 

Le bonheur de rouvrir leur commerce a fait place à un casse-tête pour les employeurs aux prises avec des employés qui ne veulent pas travailler à temps plein ou, tout simplement, qui ne veulent pas travailler du tout.

C’est le cas notamment de Dany Trépanier, propriétaire du Lave-Auto DT, à Lévis. L’équipe qu’il avait avant la pandémie n’est plus au rendez-vous comme avant.

Il aurait pourtant bien de l’ouvrage pour eux. Malgré les publicités, rien n’y fait.

« On est débordés. C’est rendu que ma petite fille de 8 ans m’aide, c’est pas pire hein », laisse-t-il tomber avec sarcasme.

Des employés qui disparaissent 

Même son de cloche en restauration. Vanessa Roberge, copropriétaire du restaurant Tapas et Liège, sur la rue Maguire, vit également une situation difficile. Des employés ont même disparu. 

« Et il n’y a pas moyen de couper la PCU, se désole-t-elle. J’arrête pas d’engager, car j’ai des employés qui ne veulent pas revenir. »

Elle doit également composer avec les employés « qui savent compter » et qui réduisent leurs heures afin de ne pas dépasser 1000 $ par mois et ainsi conserver la prestation.

« Je serais capable de leur donner plus d’ouvrage, mais ils ne veulent pas », fait valoir Mme Roberge.

« Il y a les gens qui ne reviennent pas pour ne pas perdre leur prestation, mais ils ne me donnent pas leur démission. Ça aussi, c’est un challenge. »

Les entreprises qui font affaire avec des travailleurs autonomes ont, elles aussi, des défis reliés à la PCU. 

Chrystine Roy, propriétaire du centre Zeste Détente, indique que la prestation représente des défis pour répondre aux besoins de la clientèle en massothérapie.

« J’ai eu des travailleurs autonomes qui n’ont pas voulu revenir tout de suite et qui sont revenus tranquillement pour ne pas dépasser le 1000 $, indique-t-elle. Ç’a été difficile, surtout dans les premières semaines, car nous avions une super longue liste de clients qui attendaient pour des rendez-vous que l’on avait annulés au début du confinement », explique-t-elle.

Des inquiétudes à moyen terme 

Pour l’heure, la PCU sera disponible jusqu’au 3 octobre prochain. À moyen terme, la mesure inquiète Guillaume Lemoine, président de l’Association québécoise des spas.

« J’anticipe les problèmes », laisse tomber le président, également propriétaire des spas Strøm. Il indique devoir être créatif et jongler entre les heures et la PCU pour les services de massothérapie dans ses centres de détente.

« Il n’y a pas tant de façons pour le gouvernement de savoir qu’on leur a promis du travail et qu’ils ont refusé, poursuit-il. Selon moi, un massothérapeute qui ne revient pas travailler, alors qu’il y aurait assez d’ouvrage pour faire le même montant qu’il fait avec la PCU, c’est du vol, du vol de nos impôts et de nos taxes. »