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Le Musée des beaux-arts de Montréal se sépare de sa directrice

Agence QMI

Nathalie Bondil quitte le Musée des beaux-arts de Montréal. Le conseil d’administration de l’institution a fait savoir dans un communiqué, lundi, qu’il mettait fin au contrat de Mme Bondil à titre de directrice générale et conservatrice en chef. La mesure entre en vigueur ce lundi, a précisé le conseil.

Cette décision a été prise en raison de plaintes d’employés qui dénonçaient «une détérioration évidente du climat de travail» et du «refus catégorique de Mme Bondil d'accepter une proposition de règlement qui aurait permis à toutes les parties d'entamer une transition harmonieuse d'ici la fin de son contrat prévu pour la fin juin 2021», a expliqué le C.A.

Mme Bondil était conservatrice en chef au musée de la rue Sherbrooke Ouest depuis 2000 et en avait été nommée directrice en janvier 2007, cumulant les deux postes. Sous sa direction, le MBAM a connu une croissance importante avec, notamment, l’ajout de nouveaux pavillons et l’augmentation notable de sa fréquentation avec des expositions très courues.

Lundi, le conseil d’administration du Musée a expliqué que, devant «la gravité des faits rapportés» et reprochés à Mme Bondil, il a dû réagir. «Le Musée a vu plusieurs départs d'employés clés» en plus d’avoir été mis au courant «de témoignages troublants» d’employés.

«En octobre dernier, le syndicat a alerté à cet effet le conseil d'administration qui a immédiatement mandaté le Cabinet RH, une firme externe spécialisée en gestion des ressources humaines, afin de faire toute la lumière sur cette situation et d'établir un diagnostic indépendant du climat de travail au sein de certaines directions du Musée», mentionne le C.A. dans son communiqué, ajoutant que le rapport du Cabinet RH a évoqué «notamment une dégradation importante et multifactorielle du climat de travail qualifiée par certains employés de «toxique»».

Le C.A. ajoute qu’il a à plusieurs reprises de trouver une solution, mais qu’il s’est buté «à l'inflexibilité de Mme Bondil et à son déni de plusieurs conclusions pourtant sans appel du rapport». «Les efforts déployés n'ont malheureusement pas donné les résultats escomptés et les allégations de harcèlement psychologique au sein de la direction de la conservation du Musée persistent.»

Un des problèmes soulevés en cours de route, selon le C.A., a été la double fonction de directrice générale et de conservatrice en chef de Nathalie Bondil, ce qui a mené «inévitablement à la création du nouveau poste de directrice de la conservation pour le bien du Musée et de son personnel».

«Nous aurions souhaité que ces discussions mènent à une entente cordiale et constructive entre les parties, mais nous constatons aujourd'hui, à la lumière des propos et de la réaction de Mme Bondil, que cela ne sera pas possible, a déclaré le président du conseil d’administration, Michel de la Chenelière. Il est regrettable qu'une association remarquable de plus de 21 années entre le Musée et Mme Bondil se termine de cette manière. Il est toutefois triste de constater que le visage humaniste du Musée instauré par Mme Bondil ne trouvait pas écho à l'intérieur même de ses murs. Cette décision était donc devenue nécessaire au nom des intérêts supérieurs du Musée.»

Invité à commenter, le bureau de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, s'est contenté d'indiquer que la ministre «prend acte» de la décision.

Un processus de recrutement à l’international sera mis en place pour remplacer Nathalie Bondil. Entre-temps, l’intérim sera assuré par le comité exécutif du conseil d'administration représenté par M. de la Chenelière.

L'Agence QMI n'a pas encore été en mesure d'obtenir les commentaires de Mme Bondil.