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L’effet Trump ou comment ce président aura changé durablement la face du monde

Gabriel Beauchemin | Agence QMI

La présidence de Donald Trump a eu des conséquences déterminantes sur la politique étrangère des États-Unis, ce qui a bouleversé le système international tel qu'on le connaissait, soutient le spécialiste de la politique américaine Charles-Philippe David dans son plus récent essai.

«La présidence de Donald Trump constitue un grand tournant dans la vie politique américaine, ça, tout le monde le sait. Mais quelle en est la portée pour la politique extérieure des États-Unis? Ça, c’est une question qui a été moins posée, un peu moins scrutée, surtout en langue française», a précisé l’auteur de «L'effet Trump» et président de l'Observatoire sur les États-Unis de l'UQAM.

À travers ce livre d’un peu plus de 150 pages, divisé en deux grands chapitres intitulés respectivement «L’Amérique seule» et «L’Amérique imprévisible», l’auteur décrie à l’aide de nombreux exemples les conséquences néfastes et durables qu’a eues la présidence de Donald Trump sur la politique extérieure américaine.

«Je conclus sur deux choses qui changent: la première, c’est ce que j’appelle la “doctrine Trump”, qui, je pense, annonce le repli des États-Unis du rôle de leader dans le système international, et ça c’est peut-être quelque chose qui est là pour rester, malgré l’élection qui s’en vient, soutient celui qui est également fondateur de la chaire Raoul-Dandurand à l’UQAM. La deuxième chose, c’est l’imprévisibilité de la prise de décision qui atteint sous Trump des sommets vraiment inégalés.»

«Prenez par exemple le cas de la Syrie, où le président a voulu à deux reprises retirer les troupes américaines, poursuit-il. Que l’on soit d’accord ou non avec leur présence, il reste qu’il y a un élément de fiabilité et un élément de stabilité qui est important dans la politique extérieure des États-Unis. Et le fait qu’il ait annoncé à deux reprises le retrait, qu’à deux reprises ses conseillers se soient opposés à sa décision et que dans les deux cas, il ait dû reculer quelque peu sur sa décision, ça a montré le recul de leadership de Donald Trump ainsi que son caractère imprévisible.»

«Le retrait des institutions internationales, le retrait du financement des institutions internationales, le dernier en liste étant l’Organisation mondiale de la Santé, là aussi, c’est une belle illustration de l’ineptie de la politique étrangère de Trump», ajoute le professeur.

Le virus Trump

L’auteur compare également à quelques reprises le personnage qu’est Donald Trump à un virus, une comparaison qui survient dans un contexte pour le moins éloquent.

«Il y a un aspect viral dans cette présidence-là parce que Trump a infecté le discours politique, a infecté le système politique américain, a infecté la façon de faire de la politique de manière toxique, explique Charles-Philippe David. Donc le parallèle avec le virus, je le trouve absolument convaincant. Et cette méthode, elle s’est propagée, et pas seulement aux États-Unis, mais même ailleurs dans le monde. On assiste à des reculs démocratiques extrêmement importants sur la planète, on assiste à une montée du populisme sur la planète et je pense que ça, c’est le résultat d’un virus Trump.»

Et la pandémie de la COVID-19, un des plus grands défis de sa présidence, selon le professeur, n’aura eu pour effet que de confirmer les tendances illustrées à travers l’essai.

«Je pense que cette crise pandémique a aggravé tout ce que j’ai écrit, poursuit l’auteur. Ça isole de plus en plus les États-Unis parce qu’ils ont refusé de jouer un quelconque rôle de leader du système international pour rallier tout le monde, pour avoir une seule et même grande réponse globale.»

Le livre «L’effet Trump: Quel impact sur la politique étrangère des États-Unis ?» est disponible en version numérique depuis le 22 juin. Il sera disponible en librairie le 18 août.