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Les chances de survie au-delà de 72 heures sont minces en forêt

Stéphanie Martin | Le Journal de Québec

Les recherches se poursuivent à Saint-Apollinaire pour retrouver Martin Carpentier, dans la foulée du décès de ses deux filles, Norah et Romy.

Photo Annie T. Roussel

Les recherches se poursuivent à Saint-Apollinaire pour retrouver Martin Carpentier, dans la foulée du décès de ses deux filles, Norah et Romy.

Sans préparation, les chances de survie pour un fugitif comme Martin Carpentier dans les conditions hostiles d'une forêt dense sont très minces au-delà de 72 heures, estime un spécialiste en la matière. 

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Mathieu Hébert est cofondateur de l'entreprise Les Primitifs, spécialisée en formation sur la survie en forêt. Le Journal lui a demandé de décrire les difficultés que représente la survie pour Martin Carpentier, le père des deux fillettes retrouvées décédées et qui est en fuite depuis plus de quatre jours. Dans l'optique où celui-ci se trouve toujours dans l'immense boisé de Saint-Apollinaire identifié par les policiers comme lieu des recherches.

«Les statistiques nous montrent que des gens qui sont perdus en forêt, pas les fugitifs, les gens normaux, qui n'ont pas beaucoup d'équipement et qui sont désorientés, après 72 heures, les chances de les retrouver vivants sont relativement faibles. Ça tombe en bas de 10 %.»

Obstacles

Dans le cas du fugitif Carpentier, ajoute M. Hébert, d'autres éléments viennent compliquer la survie. Notamment, le stress et la détresse psychologique, la tension, la pression de se savoir traqué, l'implication dans la mort des petites. À cela se sont ajoutées deux nuits de pluie battante, qui accélère la perte de chaleur du corps en raison des vêtements mouillés. Les insectes, les hallucinations, la paranoïa et les blessures peuvent aussi se mettre de la partie. 

La dépense calorique est extrême dans ces cas, indique-t-il. «Ce n'est pas la moyenne des gens, et même pour ceux qui font du scoutisme, qui ont des ressources ou des connaissances pour improviser quelque chose. Le temps commence à vraiment jouer contre lui.»

S'il a trouvé un abri, de la nourriture et de l'eau, son espérance de vie peut être accrue, explique M. Hébert.

Mais selon lui, il existe une possibilité qu'il ait trouvé abri quelque part — dans une structure attenante à un chalet ou sous une galerie — et qu'il ait péri à cet endroit. 

Questions sans réponses

Évidemment, souligne Mathieu Hébert, plusieurs éléments restent sans réponse. Il existe aussi une mince probabilité que le fugitif soit sorti de la zone de recherches. Mais il sera difficile alors pour lui de continuer de se cacher sans laisser de traces, croit le spécialiste.

«Mais rendu où on est, s'il n'y a pas de facteur de préparation ou de facteur de chance d'avoir trouvé de la nourriture ou un abri, comme ça dans la nature, je ne vois pas comment cet individu va pouvoir survivre longtemps sans se faire repérer. S'il bouge beaucoup, il sera plus facile à trouver. C'est pour ça que j'ai pas l'impression, s'il est dans ce périmètre, qu'il est vivant présentement.»