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Femme enceinte tuée à Québec: 32 mois de prison pour le conducteur épileptique

Kathleen Frenette | Journal de Québec

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Rappelant le «degré d’insouciance élevé à l’égard de la vie et de la sécurité d’autrui» d’un conducteur épileptique qui a tristement fauché la vie d’une femme enceinte, le tribunal a condamné, mardi, Jonathan Falardeau-Laroche à purger une peine de 32 mois de détention.

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Accompagné de ses proches, l’homme âgé de 26 ans s’est présenté, mardi matin, au palais de justice de Québec.

Non loin de lui se trouvait la famille de Marie-Pier Gagné, happée mortellement, le 10 août 2016, alors qu’enceinte de 40 semaines, elle venait de quitter le CHUL, où elle était suivie pour sa grossesse.

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Si la famille de la jeune femme, dont le poupon a été sauvé in extremis à la suite d’une césarienne, semblait soulagée de la décision rendue par le juge Pierre Rousseau, ils ont préféré ne pas commenter au sortir de la salle.

Pardon

Toutefois, le magistrat a rappelé dans sa décision que, dans le cadre des observations sur la peine, la famille de la jeune mère avait demandé «à ce que justice soit rendue à l’égard de Marie-Pier, sans pour autant fermer la porte à accorder un pardon à l’accusé, en autant qu’il puisse réaliser tout le mal qu’il avait fait».

La belle-mère de Marie-Pier s’était aussi adressée directement à Falardeau-Laroche pour exprimer sa douleur et souligner le fait qu’en raison de «la témérité, l’insouciance et même la jeunesse de l’accusé», sa petite fille ne connaîtrait jamais sa mère.

À titre de facteurs aggravants, qu’il a qualifiés de «nombreux», le président du tribunal a, entre autres, retenu le rapport présentenciel de l’accusé, qu’il a jugé comme étant plutôt «négatif».

Déresponsabilisation

«L’accusé se déresponsabilise et il se victimise, minimisant ainsi sa faute. De plus, il continue de jeter les torts sur son médecin pour tenter de légitimer la décision de prendre le volant de son véhicule le jour de l’accident», a souligné le juge.

Son «assuétude» à l’alcool, «pour laquelle il n’a pas l’intention de s’affranchir», le risque de récidive «existant» ainsi que le «potentiel d’agressivité» de Falardeau-Laroche ont aussi milité pour le poursuivant, Me Thomas Jacques, qui réclamait une peine d’emprisonnement variant de 36 à 42 mois.

Le jeune âge de l’accusé, ses problèmes de santé qui vont «rendre sa détention plus difficile» et le respect de ses conditions de remises en liberté ont été retenus au chapitre des facteurs atténuants.

Rappelons que, le jour de l’accident, Jonathan Falardeau-Laroche sortait d’un rendez-vous avec son neurologue, qui lui disait de ne pas conduire sa voiture compte tenu de ses crises d’épilepsie.