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Fillettes décédées: «C’est difficile à comprendre», dit un prêtre proche de la famille

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Photo Dominique Lelièvre

Un prêtre qui connaît la famille des soeurs Carpentier, et leur père, Martin Carpentier, est lui aussi ébranlé par la mort des fillettes, et s’explique bien mal les événements.

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Raymond Poulin, prêtre au diocèse de Québec, est allé lui aussi se recueillir au mémorial improvisé près des chutes de la Chaudière, à Lévis, comme de nombreux citoyens.

Ses pensées et ses paroles vont d’abord aux jeunes victimes, «des enfants martyrs» à ses yeux, et à leur mère Amélie Lemieux, dont il souligne le «courage» d’avoir exprimé son amour pour ses filles publiquement lundi.

«Disons que ça m’a touché beaucoup, puisque je connais Mme Lemieux, puis j’ai baptisé Norah», a-t-il expliqué, mardi, après avoir récité quelques prières devant les nombreuses peluches et lampions déposés sur place.

Photo Dominique Lelièvre

Période sombre

M. Poulin reconnaît qu’il éprouve aussi de la compassion pour le père, Martin Carpentier, sans pour autant excuser les gestes qui lui sont reprochés.

Carpentier a été présenté comme étant le «suspect» de l’enlèvement des filles et fait l’objet d’une chasse à l’homme à Saint-Apollinaire.

«Je connais Martin également. Je l’avais déjà aidé [dans] une période de sa vie où c’était difficile, il y a environ six ans, et c’est un père qui était proche de ses enfants, qui aimait ses enfants, et ce qui est arrivé, c’est difficile à comprendre. Je pense qu’il a vécu énormément de peur», avance-t-il.

La dernière fois qu’il a rencontré Martin Carpentier, il y a plusieurs mois, «il semblait heureux, il avait une nouvelle conjointe», se souvient le prêtre, qui affirme être allé à Saint-Apollinaire pour offrir de son temps dans le cadre des opérations de recherche.

M. Poulin pense que personne n’est à l’abri de moments difficiles et qu’il faut savoir repousser les idées sombres.

«On est tous fragiles, aussi, du point de vue psychologique. Il ne faut pas, comme, laisser le mal entrer dans notre vie. Il faut réagir quand on a des idées de vengeance par exemple, ou des idées de poser des gestes de haine, il faut être aux aguets puis [ne] pas laisser entrer ces pensées-là dans notre coeur, dans notre vie», insiste le prêtre qui a une formation de psychologue.

Importante affluence

Encore mardi, le mémorial improvisé à Lévis connaissait une importante affluence et l’on pouvait lire l’émotion et la tristesse sur les visages de nombreux visiteurs venus rendre hommage à Romy Carpentier, 6 ans, et Norah Carpentier, 11 ans.