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Fitzgibbon évoque un scénario «négatif» pour Flying Whales

Alexandre Robillard | Bureau d'enquête

Photo Simon Clark

Le ministre Pierre Fitzgibbon a évoqué mardi un plan B dans le cas où le gouvernement fédéral bloquerait son projet de développement d’un dirigeable destiné au transport de marchandises.

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Notre Bureau d’enquête a rapporté lundi que le démarrage de la filiale québécoise de Flying Whales était freiné depuis des mois.

Le gouvernement fédéral a multiplié les délais pour évaluer les risques d’espionnage industriel, en raison de la présence d’un partenaire financier chinois.

AVIC, un géant de l’aéronautique, est actionnaire minoritaire de la maison mère française de Flying Whales.

Lors d’une conférence de presse sur un dossier d’innovation, mardi, M. Fitzgibbon s'est dit prêt à réagir dans l’éventualité où Ottawa jugerait que la filiale québécoise menace la sécurité nationale canadienne.

«On n’est pas dans le pétrin», a déclaré M. Fitzgibbon, répondant ainsi à l’opposition libérale.

Le député Carlos Leitao avait soutenu lundi que le ministre aurait dû attendre tous les feux verts d’Ottawa avant d’engager environ 30 millions de dollars dans Flying Whales. Selon M. Leitao, les risques d’espionnage industriel sont bien réels, en raison de la présence d’AVIC.

Scénario négatif

M. Fitzgibbon a soutenu que le gouvernement du Québec pourrait récupérer sa mise dans la filiale québécoise, d’une valeur de 5 millions d’euros (environ 7,8 millions de dollars).

«Le scénario qui serait négatif, c’est que le Canada ne donne pas son aval à la licence, auquel cas les 5 millions d’euros, on reprendrait l’argent, a-t-il dit. Il n’est pas dépensé.»

Dans le cas du placement de 15 millions d’euros (23,2 millions de dollars) dans la maison mère de Flying Whales, en France, M. Fitzgibbon n’a donné aucun signe de vouloir récupérer sa mise.

«C’est un projet qui m’excite encore plus qu’il m’excitait à l’époque», a-t-il assuré.

Le ministre souhaite que le Québec demeure partenaire du projet de développement d’un dirigeable qui transporterait des marchandises.

«S’il n’y a pas de filiale qui est créée [au Québec], on le fera directement par la France», a-t-il dit en laissant entendre qu’il y aurait tout de même des retombées au Québec.

En novembre, au moment d’annoncer sa participation financière, M. Fitzgibbon estimait que son placement générerait des retombées d’un ordre équivalent en recherche et développement. Le projet visait aussi, dans un deuxième temps, la fabrication des aéronefs au Québec, ainsi que leur exploitation.

M. Fitzgibbon n’a pas donné, mardi, de précisions sur ces aspects. Il espère une réponse d’Ottawa d’ici la fin août.

AVIC

Malgré les craintes, le ministre a répété qu’il n’y a pas de risques d’espionnage industriel au sein de la filiale québécoise, puisque AVIC n’en est pas actionnaire. Il a cependant reconnu son importante contribution au démarrage de la maison mère de Flying Whales.

«AVIC a été très important pour la création de cette société en France, parce que les ingénieurs d'AVIC avaient une connaissance approfondie des dirigeables», a-t-il expliqué.

M. Fitzgibbon ne s’est pas formalisé de la possibilité qu’un administrateur de la filiale québécoise puisse éventuellement être un ex-employé de l’entreprise chinoise.

«Ça importe peu s’ils ne sont pas actionnaires, ce n’est pas grave», a-t-il dit.

Flying Whales n’a pas été en mesure d’écarter l’hypothèse qu’un administrateur de sa filiale québécoise, dont le nom apparaît au registre des entreprises du Québec, est un ex-employé d’AVIC.

Aux États-Unis, le gouvernement fédéral estime qu'AVIC est contrôlé par l’armée chinoise.