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Flying Whales: Fitzgibbon serait «dans le pétrin»

Alexandre Robillard | Bureau d'enquête

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon

Photo d'archives, Simon Clark

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon

Les libéraux québécois croient que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, devrait se préparer à retirer «ses billes» du projet de dirigeables de Flying Whales.

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On parle ici de dirigeables pour transporter du matériel en régions éloignées, notamment pour l’industrie minière.

Le député Carlos Leitao a estimé que l’implication financière d’un partenaire chinois réduit fortement les chances que le projet obtienne du gouvernement fédéral les autorisations nécessaires pour aller de l’avant.

Le député libéral Carlos Leitao craint un risque d’espionnage industriel.

Photo d'archives, Simon Clark

Le député libéral Carlos Leitao craint un risque d’espionnage industriel.

Selon le député libéral, porte-parole des dossiers économiques, M. Fitzgibbon devrait même se préparer à essuyer un refus de la part du ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada (ISDEC).

«Il devrait travailler très fort avec les avocats du ministère et peut-être d’autres avocats pour voir s’il peut récupérer ses billes», a-t-il dit dans une entrevue à notre Bureau d’enquête.

M. Leitao juge que M. Fitzgibbon aurait dû attendre d’avoir reçu tous les feux verts du fédéral avant de décaisser un placement de 30 millions $ dans Flying Whales. «Il est un peu beaucoup dans le pétrin, parce que l’argent a déjà été investi», a-t-il dit.

Notre Bureau d’enquête a rapporté lundi que la filiale québécoise de Flying Whales attend depuis des mois l’autorisation d’Ottawa pour amorcer ses activités.

La présence du géant de l’aéronautique chinois AVIC parmi les actionnaires de la maison mère de Flying Whales suscite des craintes pour la sécurité nationale au Canada.

Espionnage 

M. Leitao croit que l’implication d’AVIC expose la filiale québécoise au risque d’espionnage industriel.

«AVIC a une histoire et la réputation d’être un instrument de l’État chinois, notamment de l’armée chinoise. Les enjeux d’espionnage industriel sont bien réels.»

Dans le contexte des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, et de leurs répercussions au Canada, M. Leitao croit peu probable qu’Ottawa autorise le projet de Flying Whales.

«Ce projet risque de ne pas aller de l’avant, a-t-il dit. Le gouvernement [du Québec] devrait trouver un moyen de s’extirper de ça.»