/regional/estduquebec

La sécheresse fait mal aux producteurs agricoles

Simon Gamache Fortin | TVA Nouvelles

La situation devient de plus en plus critique pour plusieurs producteurs agricoles comme ceux du Bas-Saint-Laurent en raison du manque de précipitations. Un comité de crise provincial s’est réuni mardi afin de dresser un portrait de l’état des cultures dans la province.

Le déficit de pluie varie entre 40 % et 70 %, selon les régions. Les impacts sont importants sur plusieurs cultures, dont le foin et les fourrages, pour nourrir le bétail. La situation préoccupe de plus en plus les agriculteurs.

Un comité de crise formé de l’Union des producteurs agricoles (UPA), la Financière agricole et du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) s’est rencontré pour une deuxième fois mardi afin de trouver des pistes de solutions pour aider les producteurs.

Différentes mesures pourraient être mises en place. Les solutions possibles sont analysées par le comité.

«Par exemple, on va regarder si une région peut vendre du foin à une autre région, on va organiser les transports», a expliqué le président de l’UPA, Marcel Groleau.

«On va faire les contacts entre les producteurs, entre les vendeurs et les clients [...] Voir même déplacer des troupeaux dans des régions où les pâturages seraient en meilleure condition. C’est tout de sorte de solutions comme ça qui pourront être envisagées ou voir même importer du foin des autres provinces et des États-Unis», a-t-il ajouté.

Manque de foin  

La situation du foin est de plus en plus préoccupante au Bas-Saint-Laurent. Pour un quatrième été consécutif, les récoltes de foin et de fourrage sont décevantes. La sécheresse touche presque tout le Québec. L’approvisionnement en foin devient difficile.

«On s’attendait de se sauver avec la deuxième coupe, mais pour moi on va avoir 50 % ou 60 % des rendements en deuxième. Il va falloir faire des miracles pour trouver du foin», a expliqué Vincent Rioux, un producteur agricole de Saint-Anaclet près de Rimouski.

«Il y a des champs que, normalement, on récolte cinq à six balles par acre habituellement, mais là c’est une balle par acre dans certains champs», a précisé Olivier Chénard, de la Ferme Tournevent à Sainte-Luce.

M. Chénard a d’ailleurs loué davantage de terres cette année. Il voulait minimiser les impacts possibles d’une sécheresse en cultivant plus. Il songe d’ailleurs à réduire son troupeau.

«On pense déjà vendre des vaches qui sont plus âgées qu’on pourrait encore garder un an ou deux, on va les envoyer à la réforme pour être sûr de passer l’hiver», a ajouté M. Chénard.

Certains producteurs n’ont d’ailleurs plus de réserves, elles ont été écoulées.

Le prix du foin a considérablement augmenté au cours des dernières années.

Les agriculteurs du Bas-Saint-Laurent souhaitent quelques jours de pluie à court terme pour améliorer les rendements pour la deuxième fauche de foin à venir.