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Coupable d’avoir abusé de sa belle-fille

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Bloc justice

Photo d'archives, Fotolia

Un Montréalais qui a agressé sexuellement sa belle-fille déficiente intellectuelle pendant deux ans a été déclaré coupable sur toute la ligne par une juge qui a cru la victime, en rappelant qu’un témoignage parfait n’est pas nécessaire pour obtenir justice.

« Bien que le discours [de la victime] soit parfois décousu ou difficile à entendre et qu’il lui soit par ailleurs ardu de se situer dans le temps, [...] les particularités des événements qu’elle relate sont criantes de vérité », a déclaré la juge Nathalie Duchesneau au palais de justice de Montréal.

La cause ne semblait pourtant pas simple pour la Couronne. D’un côté, il y avait un accusé de 55 ans qui niait tout en bloc en se disant victime d’aliénation parentale. L’homme ne peut être nommé afin de protéger l’identité de la victime. Et de l’autre, une jeune victime à l’époque âgée de neuf ans souffrant de légère déficience intellectuelle, ainsi que sa mère qui, mise au courant des crimes, a attendu des mois avant de porter plainte à la police en 2018.

« Il n’existe pas qu’une seule façon d’agir suite à un tel dévoilement », a rappelé la juge en précisant que cela n’affectait pas sa crédibilité.

Crédibilité 

Ainsi, malgré certaines approximations et des différences mineures dans les témoignages de l’enfant et de la mère, la juge a analysé la preuve dans son ensemble et elle les a crues. « Le Tribunal considère que ces différences ne signifient pas pour autant que ces événements ne sont pas réellement survenus », a-t-elle tranché.

Elle a ainsi rejeté la version de l’accusé, qu’elle a qualifiée « d’enrobée, non probable, illogique et déraisonnable » après l’avoir analysée sous toutes ses coutures.

Coupable de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels, l’accusé reviendra à la cour en novembre, pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer.