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Le projet Royalmount peu modifié par la pandémie

Alex Proteau | Agence QMI

ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

Le complexe Royalmount, qui s'élèvera au coin des autoroutes 15 et 40, à Mont-Royal, ne comptera qu'une seule salle de spectacles et sa phase 1 sera retardée de six mois. Mis à part cela, la pandémie aura causé peu de changements à la mouture 2.0 du projet présenté en février aux médias. 

Selon le président du promoteur Carbonleo, Andrew Lufty, la pandémie n'a pas refroidi les partenaires du projet: «98 % des contrats signés sont toujours confirmés», a-t-il indiqué mardi, quant à la phase 1 du projet Royalmount, qui est finalement attendue pour avril 2023.

La phase 1 du projet Royalmount prévoit un espace de 1,4 million de pieds carrés pour un usage commercial et de 950 000 pieds carrés pour les bureaux. Quelque 4500 unités résidentielles seront aussi construites.

«On a éliminé une salle et le théâtre extérieur pour se concentrer avec une seule salle», a également expliqué son associé chez Carbonleo, Claude Marcotte, lors d'une présentation publique qui se tenait au Théâtre Ciné-Parc Royalmount.

M. Lufty croit encore à la pertinence de l’achat directement en boutique, malgré la pandémie. Cela permet aux différentes instances gouvernementales de percevoir des taxes de vente et aux commerçants de connecter avec leur clientèle, a-t-il dit lors de la présentation.

Pour Carbonleo, la pandémie a confirmé l’importance d’avoir des aires avec de grandes superficies. «Ce qu’on pousse plus, c’est le supernature. On veut des places publiques vertes, avec de la plantation, des événements. Plutôt que d’avoir un gros stage, on va avoir des événements un peu plus ponctuels dans les espaces publics. Même chose à l’intérieur, ça va être très vert», a ajouté M. Marcotte.

Optimisme prudent

Le projet Royalmount a fait couler beaucoup d’encre depuis la présentation médiatique de sa version 2.0 en fin février. Plus de 300 commentaires de citoyens ont été envoyés par courriel à Carbonleo, a confirmé M. Marcotte, essentiellement concernant la phase résidentielle du projet, qui viendra par après et pour laquelle le promoteur attend toujours un changement de zonage de la Ville de Mont-Royal.

Razek Syriani et Mayla Marie Mazloun, couple résidant à Mont-Royal, conservent leur optimisme quant au projet et ont apprécié la présentation. M. Syriani espère que le projet n'affectera pas la quiétude des quartiers résidentiels du secteur.

«J’ai peur que le trafic soit divisé entre les ruelles de Mont-Royal», a-t-il expliqué mardi, disant craindre que les applications mobiles de trafic fassent circuler les automobilistes dans le quartier pour éviter des problèmes de congestion routière.

Rappelons qu'en février, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’était dite insatisfaite de la version 2.0 du projet Royalmount, déplorant notamment des problèmes de congestion routière à venir.

Avec la version 2.0 du projet, Carbonleo estime diminuer de 6000 le nombre de nouveaux déplacements automobiles engendré par l'immense complexe, qui sera situé dans un secteur où la circulation automobile est déjà dense.

Sept mesures sont présentement à l’étude pour améliorer cet enjeu, tel l’élargissement de deux voies du chemin de la Côte-de-Liesse, en plus d’ajouts de traverses sur l’autoroute 40, ce qui permettrait, selon M. Marcotte, «de gérer le trafic qui vient de l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau».

Le projet, auquel les deux associés souhaitent un rayonnement international, est évalué à un montant total de 6 milliards $ et créerait, d’ici 2035, jusqu’à 28 000 emplois, selon eux.