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Plus de personnes sortent de Montréal et moins s’y établissent

Elsa Iskander

Joël Lemay / Agence QMI

Pour la première fois en plus d’une décennie, le nombre de personnes ayant déménagé en dehors de l'agglomération de Montréal en 2018-2019 a dépassé le nombre de personnes s’y étant installées. Malgré cela, la population a augmenté en raison des naissances plus nombreuses que les décès. 

«Le déficit migratoire s’établit à un solde négatif de 5932 personnes pour la période», indique une récente publication de la Ville de Montréal.

C’est la première fois depuis 2006-2007 qu’il y a moins de personnes entrant que sortant du territoire. Mais encore, ce déficit migratoire est «le plus important observé depuis plus de vingt ans».

Moins d’immigrants internationaux ont posé leurs valises sur le territoire de l’agglomération. Près de 29 000 immigrants sont arrivés en 2018-2019, soit quelque 3600 individus de moins que l’année antérieure.

Il y a aussi davantage de Montréalais qui sont allés vivre dans une autre province que l’inverse. Ils choisissent surtout l’Ontario et la Colombie-Britannique.

Vers les banlieues

Mais encore, l’exode vers les banlieues continue, alors que 60 605 personnes ont quitté l’île pour s’établir ailleurs au Québec. Parmi ceux-ci, près de 86 % ont pris la direction de la Montérégie, Laval, Lanaudière et les Laurentides. À elle seule, la Montérégie a accueilli plus de 23 000 Montréalais.

La plus importante cohorte de gens qui vont vivre à l’extérieur de Montréal est composée de jeunes âgés de 25 à 34 ans avec leurs enfants.

Inversement, on enregistre 32 715 personnes venues d’ailleurs au Québec, dont près de 79 % en provenance des quatre régions adjacentes.

Dans l’ensemble, c’est une perte de 27 890 personnes, soit «le plus important déficit intraprovincial enregistré depuis 1992».

Hausse de la population

La population de l’agglomération montréalaise a dépassé le cap des deux millions en 2018. En 2019, 2 052 910 personnes y demeuraient, d’après les données préliminaires de l’Institut de la statistique du Québec.

C’est 238 300 personnes de plus qu’il y a 20 ans. «C’est plus ou moins l’équivalent des populations actuelles combinées des arrondissements de Rosemont–La Petite-Patrie et de Saint-Laurent qui se sont ajouté sur le territoire de l’agglomération depuis 1999», note la Ville dans son analyse démographique.

Malgré un solde migratoire négatif, la population a quand même augmenté grâce à un accroissement naturel positif de 7480 personnes en 2018, ce qui signifie qu’il y a plus de naissances que de décès. Il reste que c’est le solde le plus bas enregistré depuis 2007.

Solde migratoire négatif   

Immigrants: 28 796 / Émigrants: 4638

Arrivés d’ailleurs au Québec: 32 715 / Partis ailleurs au Québec: 60 605

Arrivés d’ailleurs au Canada: 9930 / Partis ailleurs au Canada: 12 130

Accroissement naturel positif:

Naissances: 22 950 / Décès: 15 470

Source: Institut de la statistique du Québec et Ville de Montréal