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Une firme indépendante va examiner la situation au Musée des beaux-arts de Montréal

Agence QMI

Nathalie Bondil

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Nathalie Bondil

Le congédiement de la directrice générale du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a connu de nouveaux rebondissements, jeudi, quand Québec a annoncé qu’une firme indépendante va se pencher sur l'encadrement et la supervision de la conduite des affaires par l’équipe de direction et le conseil d’administration.

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De plus, jeudi, le célèbre Musée d’Orsay de Paris a été le premier à annoncer qu’il rompait ses liens avec le musée montréalais, selon le média spécialisé «The Art Newspaper», afin de protester contre le congédiement de Nathalie Bondil qui était aussi conservatrice du MBAM.

Cela signifie, selon cette publication, que l’exposition commune entre le Musée d’Orsay et le MBAM sur le naturaliste Charles Darwin tomberait à l’eau.

Un mouvement international semble vouloir se former en réaction au traitement qui a été réservé à Nathalie Bondil, plusieurs dirigeants de musées internationaux, notamment en France et aux États-Unis, se portant à sa défense.

Nathalie Bondil a même été qualifiée de «meilleure, plus dynamique et plus innovatrice directrice de musée en Amérique du Nord» par le directeur du Virginia Fine Arts Museum, Alex Nyerges, dans un entretien avec «The Art Newspaper».

Recommandations

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, qui avait apporté son soutien à Nathalie Bondil avant son congédiement de lundi sur fond d’allégations de climat de travail «toxique» par certains employés, a expliqué jeudi que la firme indépendante va lui permettre «d'obtenir des recommandations sur le rôle et les responsabilités de chacun».

On a refusé à deux reprises de fournir à la ministre le rapport du Cabinet RH qui aurait servi à justifier le congédiement de Mme Bondil par le conseil d’administration, selon le cabinet ministériel de Mme Roy, ce qui a justifié l’examen qui sera conduit par la firme indépendante.

«En tant que plus important bailleur de fonds du Musée, à raison de 16 millions $ par année, le gouvernement du Québec se considère en droit de poser des questions et d'obtenir des réponses sur la gestion et la gouvernance du Musée et de son conseil d'administration», a indiqué le cabinet de la ministre, par communiqué.

Réaction du MBAM

Dans la foulée de l’annonce de Québec, la direction du MBAM a dit qu’elle va collaborer avec la ministre et la firme indépendante.

«Nous continuerons d'offrir notre entière collaboration à la ministre et à la firme indépendante mandatée par elle», a dit Michel de la Chenelière, président du conseil d'administration du MBAM, par communiqué.

«Nous demeurons toutefois convaincus que la décision de mettre fin au contrat de Mme Bondil était la bonne en vertu de notre rôle de fiduciaire qui est de veiller aux intérêts supérieurs du Musée ainsi qu'au respect de ses valeurs et de ses employés», a-t-il ajouté.

En entrevue avec l’Agence QMI mardi, Nathalie Bondil a réfuté toutes les allégations portées à son endroit, dont celle voulant qu’elle ait refusé de collaborer pour régler la situation conflictuelle avec certains employés du musée.

«Les gens vont penser que je suis un monstre», avait dit Mme Bondil.

«Je ne nie pas la question du climat de travail, mais je n’ai jamais fait l’objet de plaintes pour harcèlement. Il y a eu un problème avec une employée en septembre dernier qui se plaignait d’avoir trop de travail, mais on était en pleine préparation d’un gros projet et la pression était forte sur les équipes. Dès qu’on a entendu parler du problème, on a réagi [...]», avait-elle ajouté.

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