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Une transaction qui en surprend plusieurs

Francis Halin | Journal de Montréal

Le courtier Réal Giguère de l’Équipe Barahona et Giguère ne s’inquiète pas de voir Desjardins avaler DuProprio. « Pour nous, les courtiers, ça ne change rien que DuProprio change de mains, l’important c’est que ça reste au Québec », a-t-il affirmé, mercredi.

Photo Francis Halin

Le courtier Réal Giguère de l’Équipe Barahona et Giguère ne s’inquiète pas de voir Desjardins avaler DuProprio. « Pour nous, les courtiers, ça ne change rien que DuProprio change de mains, l’important c’est que ça reste au Québec », a-t-il affirmé, mercredi.

L’industrie du courtage immobilier a accueilli mercredi avec prudence l’arrivée de Desjardins, qui va venir jouer dans ses platebandes avec la bannière DuProprio.

« Desjardins est une institution financière qui comprend les principes de la réglementation et de l’encadrement », a souligné Maude Bujeault Bolduc, directrice des communications de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ).

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Selon elle, Desjardins respectera les paramètres de la Loi sur le courtage immobilier (LCI) et portera à l’attention des consommateurs le fait qu’ils « ne sont pas protégés par la LCI lorsqu’ils effectuent leur transaction par eux-mêmes ou avec l’aide d’une entreprise d’assistance aux propriétaires ».

« Conflit d’intérêts »

À l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), on s’est dit ouvert au modèle d’affaires de DuProprio. « On a été surpris de l’acquisition, mais on n’est ni pour ni contre », a lancé sa PDG, Julie Saucier.

Début juillet, DuProprio a gagné deux batailles devant les tribunaux contre les courtiers immobiliers, qui avançaient que DuProprio faisait de la fausse publicité en disant que ses clients économisaient 5 % de commission.

De son côté, Simon-Pierre Poirier, président du Réseau des courtiers immobiliers indépendants du Québec (RCCIQ), a critiqué l’achat. « Desjardins va tout faire pour que le client puisse prendre son hypothèque chez eux. Il est là notre conflit d’intérêts. Il est là le problème », a-t-il déploré.

En fin de journée, le PDG de l’Association des courtiers hypothécaires du Québec (ACHQ), Sylvain Poirier, a qualifié la nouvelle de véritable « bombe ».

« Pour les courtiers hypothécaires, ce n’est pas une mauvaise chose, mais on s’attend à ce que les courtiers immobiliers boycottent Desjardins parce qu’ils deviennent propriétaires de leur compétiteur », a-t-il analysé.

RE/MAX, qui a déjà jonglé avec l’idée de se lancer dans le courtage hypothécaire, a préféré s’abstenir de commentaires, mercredi.