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Pas de touristes à Montréal

Clara Loiseau | Journal de Montréal

Lieu habituel de rendez-vous des touristes, la place Jacques-Cartier dans le Vieux-Montréal était déserte jeudi après-midi.

Photo Ben Pelosse

Lieu habituel de rendez-vous des touristes, la place Jacques-Cartier dans le Vieux-Montréal était déserte jeudi après-midi.

Les semaines de la construction s’annoncent catastrophiques pour les hôteliers montréalais qui enregistrent une baisse d’achalandage allant parfois jusqu’à 100 %, par rapport à l’année dernière, malgré des rabais considérables.

« Il y a zéro réservation. En principe au mois de juillet on est à 95 % d’occupation et aujourd’hui, on est à 0 %. On n’a que des annulations. Tout ce qui était réservé pour le mois de juillet a été annulé », déplore Albert Cohen, copropriétaire depuis 14 ans de l’hôtel Le Relais Lyonnais, situé dans le Quartier latin de Montréal.

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Avec les frontières fermées pour les États-Unis jusqu’au 21 août, la quarantaine de deux semaines pour les autres touristes étrangers, « il reste seulement la clientèle locale, et elle s’en va dans les régions », explique M. Cohen.

Comme lui, Tarik Bahaj, directeur des opérations de l’Auberge de La Fontaine sur Le Plateau-Mont-Royal, trouve que c’est du « jamais vu ». L’année dernière, en date du 16 juillet, son établissement enregistrait un taux d’occupation de 98 %. Cette année, l’hôtel peine à atteindre les 20 %. 

« On applique les prix des mois de janvier et février, en plus d’autres rabais, pour essayer d’avoir un pic, qu’on puisse avoir un peu plus de monde », affirme M. Bahaj.

Le Relais Lyonnais, qui a dû mettre à pied l’ensemble de son équipe de six personnes, a aussi baissé ses tarifs, « d’environ 40 % », pour éviter les dégâts.

Mais même si l’achalandage augmente au cours des prochains mois, il sera impossible pour les hôteliers de rattraper les pertes causées par la crise.

« C’est une catastrophe et ça le restera tant que les frontières ne rouvriront pas », regrette Albert Cohen.

Nouveaux clients recherchés  

Et Tarik Bahaj abonde dans le même sens. Pour le moment, ses seuls clients viennent du Québec ou de l’Ontario. Habituellement, ce sont plus des Européens qui séjournent dans son hôtel.

« Il va falloir trouver un autre type de clientèle locale [...] avec des tarifs qui n’ont rien à voir avec les prix de saison pour pouvoir au moins payer les frais et les charges », pense M. Bahaj.

De son côté, Yannick Honvo, superviseur au Loft Hotel Montréal, espère que des réservations de dernière minute se feront, comme c’est souvent le cas. 

Mais ce dernier pense cependant que le fait que Montréal a été particulièrement touchée pendant la pandémie fait « peur » à certains touristes potentiels. L’annulation des événements et des festivals montréalais pèse aussi beaucoup dans la balance, selon lui.

Des secteurs très fréquentés par les touristes habituellement, comme le Vieux-Montréal, sont déserts ces jours-ci.

Des rues vides  

« Jamais on n’a vu Montréal de cette façon, soutient Manuela Goya, de Tourisme Montréal. Les rues sont vides, oui, mais Montréal se vit aussi de manière un peu plus légère. On n’a plus les files d’attente un peu partout à gauche et à droite. »

Cela n’empêche pas l’organisation de garder confiance. Même si la relance du tourisme va être longue, « on constate que le déconfinement donne envie aux gens de découvrir la ville et son quartier », selon Mme Goya. 

Selon elle, Montréal « s’ouvre de plus en plus » et les restaurants, commerces et attractions attireront des visiteurs tout au long de l’été.

« On n’a pas de doute que les Québécois vont revenir tranquillement à Montréal. Il faut attendre que les gens réapprennent à vivre et que le sentiment de sécurité soit partagé par tous », soutient Mme Goya.

– Avec l’Agence QMI


En 2019, Montréal a accueilli 11,1 millions de touristes.

Vos élus en congé  

Après des mois de points de presse quotidiens pour tenir la population informée des développements de la COVID-19, le premier ministre François Legault s’offrira des vacances. 

Pendant les trois prochaines semaines, il se rendra notamment dans Charlevoix et en Estrie, avec sa conjointe. M. Legault prévoit s’y ressourcer, marcher et lire. 

La chef de l’opposition officielle, la libérale Dominique Anglade, passera quelques jours dans un chalet de la Montérégie avec son mari et ses enfants. 

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, profitera de ses vacances pour se reposer et nager le plus souvent possible dans le lac près de son camp. Son collègue, Gabriel Nadeau-Dubois, se consacrera à la rénovation de son nouveau logis.

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, compte être présent à son bureau de comté tous les jours, mais prendra le temps de visiter sa conjointe à Montréal et de faire la tournée des « ventes de garage » dans sa circonscription. 

– Vincent Larin, Agence QMI

Les VR très populaires  

Selon le sondage annuel du CAA-Québec sur les intentions de vacances, à la fin de mai, 31 % des répondants soutiennent qu’ils vont rester à la maison par rapport à 15 %, en 2019.

Ceux qui ont l’intention de voyager le feront en voiture dans une proportion de 85 % ou en VR.

Le CAA-Québec constate que le VR est « très en demande » cet été. L’organisme a adapté son offre pour ajouter la location de VR dans ses centres Voyages en partenariat avec CanaDream.

Il offre aussi des forfaits au Québec avec le Groupe Germain. 

– Diane Tremblay

Croisières à succès  

Depuis quelques jours, les croisières AML, qui permettent de naviguer sur le Saint-Laurent tout en prenant un verre ou un souper, ont du succès. « Le téléphone ne cesse de sonner, le web est aussi sous pression ! On a une augmentation d’environ 40 % de réservations par rapport aux dernières semaines », soutient Lucie Charland, directrice générale adjointe chez Croisières AML.

Mais la demande n’a tout de même rien de comparable aux années précédentes. Habituellement, la clientèle des croisières au départ de Montréal est à 65 % étrangère, mais actuellement, une grande partie de la clientèle provient de la grande région de Montréal.

Selon Mme Charland, les croisières permettent aux utilisateurs de se sentir plus en sécurité, notamment grâce au grand air. 

– Clara Loiseau