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Port du masque obligatoire: une entreprise de Saguenay prise en grippe

Jean-Francois Tremblay | TVA Nouvelles

Un appel au calme est lancé avec l'entrée en vigueur dès samedi de l'obligation du port du masque dans les lieux publics fermés.

Altitude conception, une entreprise de l'arrondissement de Chicoutimi, à Saguenay, est prise en grippe parce qu'elle fabrique des masques.

Depuis l'annonce du couvre-visage obligatoire, les opposants au masque ont inondé l'entreprise de messages négatifs sur les réseaux sociaux.

«C'est à peu près de 100 à 150 messages par jour qu'on reçoit», a expliqué la propriétaire, Christine Gagnon, en entrevue avec TVA Nouvelles.

«C'est un peu ordinaire parce qu'on n'est pas habitués à ça de recevoir des commentaires aussi négatifs, a-t-elle ajouté. On se fait traiter de profiteurs. Je vous fais grâce des messages reçus. Les mots n'étaient pas très agréables à entendre. On n'est pas des profiteurs. Pendant la COVID, on a embauché 50 personnes. Ce n'est pas tout le monde qui est d'accord avec ça. Je respecte ça très bien. Mais on n'a pas le choix.»

Dès le début de la pandémie, Altitude conception s'est mise à fabriquer des masques. Environ 100 000 unités ont été vendues en quatre mois, partout au Canada, et même aux États-Unis.

«On fait travailler des gens. On est des employeurs. On créer des emplois», a précisé Mme Gagnon.

Dans cette manufacture, l'entreprise rappelle qu'elle fabrique un produit pour se conformer à la loi.

«C'est un peu une injustice, je dirais. On vend des masques et ce n'est pas nous qui avons fait la loi», a ajouté la propriétaire.

Elle trouve dommage l'envoi de ces messages, d'autant plus que depuis le début de la pandémie, la PME a offert gratuitement des centaines de masques à des organismes communautaires.

L’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure obligatoire du couvre-visage incite la police de Saguenay à faire de la prévention. Son porte-parole, Luc Tardif, a lancé un appel au calme.

«On va demander à la population de respecter cette obligation-là. On comprend que la situation peut amener de la frustration, peut amener, même, des gestes de violence. C'est pour ça qu'on va demander à la population d'être la plus conciliante possible avec les exploitants.»

Aucune patrouille spécifique n'est prévue. Les agents interviendront s'il y a une plainte. La police ne voudrait pas devoir recommander des accusations en cas de gestes regrettables.

«Si vous ne faites pas partie des exceptions prévues au décret et que vous refusez catégoriquement de porter le couvre-visage, la solution la plus simple, c'est de demeurer chez vous et d'éviter les lieux publics fermés», a conseillé le policier Tardif.

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